De l’Osstidcho, sur disque, il n’y avait que la face B de ce simple de 1968… Plus maintenant!

C’est pas tous les jours qu’on a droit à des documents d’une telle richesse! Voilà 44 ans que les québécois se remémoraient l’Osstidcho sans pour autant pouvoir savourer concrètement l’esprit cabotin et critique qui avait élevé cette revue musicale au rang de spectacle mythique. Grâce à la découverte récentes de deux ensembles de bandes magnétiques et à l’investissement des audiophiles consciencieux de la Bibliothèque et Archive Nationale du Québec, le public peut denouveau prendre part au happening imaginé par Mouffe, Robert Charlebois, Louise Forestier et Yvon Deschamps en 1968. On a pas encore fini de découvrir toutes les subtilités de ces enregistrements… Attendez que les cinéastes amateurs qui ont capté ce spectacle sur Super-8 à l’époque se manifestent. On a pas fini de jaser de l’Osstidcho. Bonne écoute!

Robert Charlebois, Yvon Deschamps, Louise Forestier et Mouffe pendant les représentations de l’Osstidcho au théâtre Quat’Sous en 1968. (Centre d’archives de Montréal, fonds Journal Québec-Presse).

Extrait de l’Osstidcho – Pierre-Elliott Trudeau… (BANQ; 1968)

Extrait de la représentation du 20 juin 1968 au Quat’Sous.

Extrait de l’Osstidcho – Louise Forestier – From Santa to America (BANQ; 1968)

Version extraite de la seconde mouture du spectacle, intitulée l’Osstidcho King Size à la Comédie Canadienne et enregistrée entre le 2 et le 8 septembre 1968. On était contre la chanson française, contre les chansonniers. Non, L’Osstidcho n’était pas révolutionnaire. Je dirais plutôt qu’il était anticonformiste, iconoclaste; on cherchait à désacraliser, déclare Louise Forestier. De retour de son périple en Californie et partiellement inspiré de l’album Alice’s Restaurant de Arlo Guthrie, Robert Charlebois propose à Yvon Deschamps d’écrire des monologues sur une trame musicale. La Boîte à Clémence venait de fermer et le Quat’Sous se libérait à temps; Paul Buissonneau tentera de mettre en scène cette troupe anticonformiste (sous la déclinaison “Les parapluies de Sherbrooke”) jusqu’au découragement: Fourrez-vous-le dans l’cul vot’ osstidcho!!

Consultez le superbe site élaboré par la Bibliothèque et Archives Nationale du Québec ici: banq.qc.ca/losstidcho Des heures d’écoutes et de visionnements vous attendent! La «ré-édition» de l’année?

Deux dames et… un geek. (septembre 2012)

Extrait – Entrevue avec Mouffe (2012)

Mouffe & Jean-Guy Moreau – Yéyé vs Chansonniers (Jeunesse Oblige; 1965)

Revue musicale de 1965 présentée Au Totem avec le trio Charlebois, Mouffe & Jean-Guy Moreau.

Christine Charbonneau – La Beatnick (Triomphe; 1966)

Un scopitone existe pour cet extrait, filmé le même jour que celui pour « La guerre des jupons »! Arrangé par Georges Tremblay et extrait du second album de la chanteuse. Charbonneau composera et écrira pour de nombreux artistes d’ici comme d’Europe. Elle a été chantée sur disques par plusieurs artistes: Ginette Ravel, Renée Claude, Patsy Gallant, France Castel, Christine Chartrand, Ginette Reno et Sheila en France.

Louise Bédard – Si loin (SEM; 1968)

Premier de deux simples enregistrés pour l’étiquette Société d’Enregistrement Maximum, propriété des frères Bourque, Raymond (Les Rythmos) et René.

magoguaysChristine et ses Copains – Mon mini-croulant (Élysée; 1967)

Groupe de Montréal autrefois connu sous le nom Les Riches, formé de Pierre (chant, guitare), François (guitare rythmique), Gilles (guitare basse) et Michel (batterie). Se joint ensuite à eux la jeune chanteuse Christine Martin, alors âgée de 14 ans. Simple non-compilé à ce jour, mentionné dans le livre de Richard Baillargeons, 401 petits et grands chefs-d’oeuvres de la chanson et de la musique québécoises (Varia; 2009)

Les Maroguays – Thème à gogo (RCA Victor; 1966)

Groupe originaire de Atholville (ville voisine de Campbelton) au Nouveau Brunswick, formé de Jean-Guy Gallant (chanteur), Roger Comeau (guitare), Roger Guay (guitare basse), Jean-Marc Guitar (guitare) et Earl Hennessy (batterie). Thème à gogo serait leur dernière face B et leur unique composition endisquée. Dédicace à papa Desrosiers, fan de la première époque du groupe qui tournait alors beaucoup au Bas St-Laurent. Un maroguay, c’est… un oiseau ou un jeu de mots particulier?

judithjoyalLes Beaux-Marks – Little Miss Twist (Quality; 1962)

Simple de janvier 1962 qui remporta un certain succès sur les ondes de CHUM (Ontario) pour ce groupe de Montréal toujours à la recherche d’une suite au succès international de Clap your hands (entendu de nos jours au Centre Bell lors de match du Canadiens!).

André Lejeune – Le rhythm n blues (RCA Victor; 1968)

Tout revient au scat pour Lejeune, que ce soit le rock n roll ou le rhythm n’ blues, c’est du pareil au même! Quelle énergie!! Extrait de son 5e album, Douce montagne.

Judith Joyal – Fais comme tout le monde (Fantastic; 1966)

Aurait au moins commis un second simple à la même époque (Y’a plus d’enfant / Tu dis des bêtises), mais le mystère demeure quand à son parcours professionnel : qui était-elle? Composition de deux duos : Sanchez & Velasquez + Jil & Jan. Serait-ce une adaptation??? Qu’importe… c’est un tube!!!

Jenny Rock (Photo Vedettes; juin 1969)

Jenny Rock – Je ne veux plus de toi (Élite; 1969)

Simple tardif pour l’égérie du yé-yé alors en transition, tâtant autant le soul psychédélique (Mal ) que le rock grinçant (On a chanté la liberté ). Grâce à l’ami Rory Tremblay de l’émission ETC Rock, nous savons maintenant qu’il s’agit en fait d’une adaptation de la version de I hear you knocking popularisée par Dave Edmunds (ex-Love Sculpture). Une dédicace à notre Premier Ministre sortant…

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1 Commentaire

Concernant les bandes de «L’Osstidcho» que la BANQ vient de mettre en ligne, elles n’ont pas été “découverte” récemment. À l’été 2005, Patrice Duchesne, qui travaillait chrz GSI (qui s’occupait de Deschamps à ce moment-là) m’a demandé de numériser toutes les archives sonores d’Yvon Deschamps qui désirait sauvegarder son patrimoine. Cette initiative a conduit à la publication de 5 DVD qui ont eu beaucoup de succès. Je me suis donc rendu aux locaux de GSI Musique qui étaient alors sur la rue Centre à Pointe-Saint-Charles. J’ai pris en note chacune des bandes magnétiques (10″ et 7″) ainsi que les disques. Il y avait quatre bandes 7″ non identifiée, sauf pour une sur laquelle on pouvait lire, écrit à la mine «Osstidcho». Les gens de GSI m’ont dit qu’il devait s’agir de l’enregistrement d’un spectacle de jeunes qui avaient repris L’Osstidcho en 1997. Sur des bandes magnétiques ouvertes?!!? en 1997?!!! J’ai descendu les boites de bandes dans mon auto stationnée devant GSI. Alors que je déposais la boite dans laquelle les mythiques bandes étaient, un VUS de type Suberban vient se stationner devant mon auto. PAUL BUISSONNEAU en descend et vient vers moi. J’étais dans la 4e dimension! Il me demande, l’air ennuyé: «Savez-vous où il il a un bureau de poste aux alentours?» Je balbutie que je ne suis pas du coin. Il retourne vers son auto en maugréant et repart. Je suis resté là deux minutes, interloqué. À la maison, je me suis empressé d’écouter les bandes et j’ai entendu ce que vous pouvez tous entendre maintenant.
J’ai remis à GSI toutes les numérisations (y compris celles de L’Osstidcho) et ils m’ont instamment demandé de garder le silence parce qu’ils avaient l’intention de “faire quelque chose” avec cette découverte. Je n’en ai plus entendu parler ensuite. J’avais fait entendre quelques extraits à CIBL lors d’une émission avec le regretté Bruno Roy qui venait de publier son livre sur le mythique spectacle. Je suis bien heureux que cet important fragment de notre histoire musicale soit enfin accessible à tous.

Bravo pour votre émission qui garde la mémoire vivante.

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