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Toute la gang était là! L’impressionnante configuration du septet de Paul de Margerie en 1960.

Cette semaine, nous avons pour vous une pléaide d’artistes issus du jazz et du funk québécois et qui occasionnellement donnaient dans ce qu’il est convenu d’appeler le library music. Ça va chauffer!

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Bix Bélair

Publicité – Eno Pétillant Pétillant Pétillant (1963)
Thème de La Discothèque de Jeunesse Oblige (1966)
Paul de Margerie – Tintarella de Luna (Sélect; 1960)

Ce jeune et doué chef d’orchestre sera notamment associé au son jazzé de nombreux artistes signés sur Sélect et s’entourera d’un impressionnant septet pour son premier et unique album solo, Calendar date. Il se suicidera en 1968.

Bix Bélair – Le Strip (Trans-Canada; 1964?)

Composition de Roger Pilon, un autre trompétiste réputé en province, pour l’album Monsieur Trompette.

Claude Léveillée – Ballet des gants (Columbia; 1967)

Extrait de Elle tournera la Terre, une tragi-comédie musicale avec Andrée Lachapelle et Jean Besré, présentée à la Comédie Canadienne (aujourd’hui le TNM). En 1968, la comédie sera même présentée à Paris!

StéphanieStéphanie – Avant le jazz (Capitol; 1966)

Accompagné par l’orchestre de Paul de Margerie, cette jeune chanteuse n’aura publié que cet unique album dans la série 70000 de Capitol (Les Alexandrins, Les Cailloux, Les Atomes, Alexandre Zelkine…). L’album à mi-chemin entre la pop jazzée et la chanson offre deux compositions originales (Le clou; Chanson tirée par les cheveux )… et cette superbe adaptation d’une composition de Michel Legrand, Avant le jazz, que nous avions découvert par l’entremise du blogue Psyquébélique.

Marius Cultier – Je veux de toi (Trans-Canada; 1969)

Extrait du troisième album québécois de l’Étoile de la Martinique, Marius Cultier, après son long jeu enregistré à la Place des Arts. De passage à Montréal en 1967 pour se produire dans le cadre de l’Exposition Universelle, Cultier demeurera en province quelques années avant de s’éclipser en France où son zouk funky remportera un succès retentissant. Il est décédé en 1985.

Lee Gagnon – Les passants du soir (Opus; 1973)

Après ses albums jazz (Discothèque, Je Jazzzzzz, À deux faces) des années 60, Gagnon s’associe avec le dramaturge Marcel Dubé (Zone) pour imaginer le ballet-jazz Jérémie qui prendra l’affiche à l’automne 1973. On est maintenant en terrain définitivement plus funky.

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Une partie de la distribution du ballet-jazz Jérémie (1973).

Joyce & Bob Hahn

Joyce & Bob Hahn

Publicité – Il n’y qu’une seule cigarette… St-Moritz (bilingue; 196?)
The Morrow Men – Life is a drag (RCA Victor; 1967)

The Morrow Men était un groupe de chanteurs associés à l’orchestrateur montréalais Bon Hahn. À la manière de Raymond Berthiaume qui dirigeait ses propres chœurs sur une foule de collaborations, Hahn employait son groupe sur des dizaines… des CENTAINES d’enregistrements, principalement des ritournelles publicitaires. Bien qu’originaire de la Saskatchewan, il fut le roi incontesté des jingles au Québec durant les années 60-70 en plus de fonder deux étiquettes, Rising Records et les Disques Astra (Astro-Pop). Shawn de l’étiquette canadienne de rééditions SuperOldies (à qui on doit notamment l’anthologie CD de JB & the Playboys) a récemment publié une courte mais dense biographie ici, documentant sa rencontre avec la famille Hahn en plus de lister les discographies complètes des productions Astra & Rising.

André Perry & David Sarkis – Canadian Colours #1 (Créa Sound; 1974?)

Cette collaboration méconnue entre le québécois Perry et l’arrangeur français Sarkys (pseudonyme de ) fut pressée en France et n’était pas initialement destinée à une distribution publique. Il s’agit plutôt de library music, des bandes sonores thématiques utilisées par la télévision et le cinéma pour créer l’ambiance idéale. Nous avons pu répertorier trois albums où Perry co-signe les titres et supervise les enregistrements: First Encounter Ballad Séries (Crea-Sound; 1974?), New Life (Mondiophone; 1974), Urban USA – Philly Disco Club. Nous serions curieux d’entendre votre témoignage à ce sujet, M. Perry! Quelqu’un sait si ces ambiances furent utilisées pour un reportage ou un documentaire en particulier?

Raymond Berthiaume – Nous allons voler jusqu’au soleil (Trans-Canada; 1973)

Une des rares sinon l’unique (?) adaptation avec paroles de cette chanson qui à l’origine n’était qu’instrumentale, composée pour la B.O. du film Lady in cement (1968) avec Frank Sinatra. Fidèle à ses habitudes, Berthiaume réchauffe l’ambiance de sa production feutrée.

Lee Gagnon – Jalousie (Opus; 1973)
Variation sur le thème.. le groove de la pièce Jérémie. Notez l’influence d’arrangeurs tels Jean-Claude Vannier (Melody Nelson de Gainsbourg) ou plus particulièrement David Axelrod. Du groove pis des cordes: on aime!

Luc Cousineau – Opus aux puces (Airedale; 1976)

Composition de Cousineau et Jimmy Tanaka (bassiste et claviériste), co-producteur du premier album solo de Luc Cousineau (après 9 disques via Les Alexandrins, Luc & Lise, Cousineau): un petit bijoux de compositions funky, instrumentales, inspirées… trop souvent ignorées au profit de Vivre en amour, LE simple à succès de Cousineau, inclus à la toute fin de ce long jeu. Cousineau nous promet plusieurs rééditions en 2014… on a hâte!

Jean-Pierre Ferland & André Perry – Pas maintenant (Barclay; déc. 1975)

Face B du simple non compilé Thrilladelphia . Audiblement l’oeuvre du producteur André Perry, ce sale funk est néanmoins attribué à Ferland sur l’étiquette du 45 tours.

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4 Commentaires

Robert Thérien

Bravo pour le sujet! Ces fantastiques musiciens travaillaient trop souvent dans l’ombre.

Bix Bélair (Né Gaetano Giralmo; Lachine, 12 mai 1920/ Montréal, 1978) a débuté dans les années 1940 et a dirigé des orchestres de danse dans plusieurs cabarets spécialisés (Maurice Danceland, Roseland Danceroom, Bellevue Casino…). Il a beaucoup travaillé en studio, à la télévision et au cinéma (ONF) dans les années 1960.

et Roger Pilon était un pianiste et arrangeur qui a beaucoup travaillé à CFTM et sur disques. Il a enregistré quelques albums de musique de danse. Un boulevard de Pierrefond porte son nom.

Merci! Boulevard Roger Pilon! Ben dites donc… Ces deux-là ont tellement produit en effet, merci pour les précieuses infos.

On reviendra plus précisément sur le ‘library music’ ou « soit “musique de scène” (chez Radio-Can), “musique en stock” ou même “musique libre de droits” » comme nous le faisait remarquer un auditeur (merci Nicolas!). Les exemples avec Perry sont déjà obscures, voilà qu’on m’informe que l’étiquette Céleste a aussi pressé son lot du genre pour le Québec. On enquête… et on diffusera ça! 🙂

Triste nouvelle que le départ de Mimi….
🙁

L’envers du Rétro deviendra Solo… 😉

C’est vrai! Mais j’ai comme l’impression que Mimi ne sera jamais bien bien loin… 😉

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