Robert Charlebois & Mouffe firent une apparition dans le magazine humoristique National Lampoon en juillet 1971 (thanks to Peter Gunn from the "Tête Carrée" blog for the hint).

Quel programme nous avons eu ce dimanche! Après une première demie-heure carburant au northern soul de François Carel et à l’effervescence d’artistes aussi prépubères que talentueux, nous avons pensé explorer une thématique des plus colorées. Parce qu’il y a de ces artistes dont l’aura enveloppe et influence tout un son, voire une époque. Avec Robert Charlebois, pas de doute; la chanson québécoise s’américanise, s’électrifie, se joualise et s’impose. Des sillons qu’il trace jaillira une foule d’interprètes aux influences tout aussi métissées. Nous avons cru bon d’en colliger plusieurs de tout acabit et de les qualifier “d’enfants illégitimes” de Charlebois. À l’écoute de la première partie de notre spécial, vous aussi vous vous exclamerez: «Bâtard! Ça sonne comme Charlebois!» Bonne émission!

Extrait – À soir on faire peur au monde (1969)

François Carel Je me fous de tout (Carrousel; 1967)

À Mondo P.Q., on a bien quelques artistes chouchous et Carel est du nombre. Ce pianiste, organiste, chanteur, arrangeur et producteur publia une dizaine de simples aux accents northern soul, yéyé et jazz ainsi que trois albums de reprises à succès dans les années 60. Il supervisa plusieurs enregistrements d’artistes yéyé, notamment pour le compte de l’étiquette Carrousel, et devint progressivement accompagnateur sur scène pour Pierre Lalonde puis Chantal Pary. Qu’es-tu devenu François? Si vous avez des informations supplémentaires à son sujet, écrivez-nous!

Les STP – Petite fille trop jeune (Pop-Apex; 1970)

Sous la houlette de l’ex-chanteur du 25e Régiment, Réjean Ruel, la Société Temporale Publique ne pressa malheureusement qu’un seul simple pour le compte de Pop-Apex. Dommage, on en aurait pris plus! Revisitez le parcours inusité de Ruel en lisant l’excellent topo de l’ami-blogueur Félix B. Desfossés sur Vente de garage.

Katy Lauran – Les garçons (Trans-Canada; 1967)

Jolie ballade de cette mystérieuse chanteuse québécoise (Denise Vanasse de son vraie nom). Reprise d’un tube italien, enregistré en Italie sous la direction de son impresario, le producteur italien Tino Caticchio. Le site Web Rétro-Jeunesse nous propose plus d’infos et une photo!

 

Michèle Richard pose une de ses nombreuses parades de mode dans le jorunal Télé-Radio-Monde (11 novembre 1969).

Michèle Richard – L’argent ne fait pas le bonheur (Trans-Canada; 1967)

31e simple pour la chanteuse et Miss Radio-Télévision au Gala Méritas de 1967! Cette composition originale «non-confirmée» de Gilles Brown et Pierre Laurendeau témoigne d’une influence britannique indéniable. Devinez qui est responsable de l’orchestration? Nul autre que François Carel!

Les Melody Makers – Mama’s Twist (Plaza; 1963)

Redoutable trio prépubère montréalais regroupant les frères Roberto et Danny Orsini (guitares et voix) ainsi que Robert Perron (batterie), âgés respectivement de 8, 9 et 12 ans à leur formation en 1958! Faut le faire! Relisez l’article sur le blog Patrimoine PQ pour leur histoire complète.

Les Asteks – On est pas bien compris (Élysée; 1967)

On les aime ces jeunots! Groupe de la région de Sorel-Tracy formé en 1966 sous le sobriquet des White Men. Ils ne publièrent que deux simples pour le compte de l’étiquette Élysée, mais surent instantannément s’imposer face au populaire groupe Les Lutins (aussi jeunes qu’eux à l’époque) grace à leurs compositions originales. On ne saurait trop vous recommander l’article que leur consacre le blog Vente de garage!

Alain – Protestation-Contestation (Astro-Pop; 1969)

Ce précoce chanteur semble plutôt bien renseigné, prenant déjà position contre les hippies, la marijuana et toutes leurs protestations! Son unique (?) simple fut publié sur l’éphémère étiquette montréalaise Astro-Pop; ce label se réinventerait bientôt sous le nom de Astra (Pax Hominis, Jacques Alexandre, Kurt & Noah).

Mise à jour, 1er mai 2012 : Selon Félix B. Desfossés du blogue Vente de Garage, Alain serait nul autre que Kiki, ce fameux jeune chanteur belge! Il aurait endisqué ce simple pour la Belgique et l’Europe (sous le nom de “Kiki”), et  au Québec sous le pseudo de “Alain”! Merci Félix!

Voici Kiki/Alain et son méga tube L’Agent Secret !

Robert Charlebois – Jouez Québec (Gouvernement du Québec; 1969)

Pressé par le gouvernement du Québec afin de mousser sa campagne «Québec sait faire» visant l’affirmation et la consommation de produits québécois, cette rareté de Charlebois fut publiée en face B d’un 45 tours partagé avec la chanteuse Marthe Fleurant. Ce titre fut ultimement compilé en 1993 sur la première édition de la compilation Québec Love, mais demeure plutôt méconnu dans la discographie du cultissime chanteur. Jouez Québec ne fut jamais inclu dans une autre anthologie officielle du chanteur… allez comprendre pouquoi?


Gene Williams, 1967.

Extrait – À soir on fait peur au monde (1969)

Gene Williams – Plattsburg Drive-In Blues (London; 1969)

Version «originale» du simple publié simultanément avec le succès qu’en a fait Chantal Renaud en français. Les Soeurs Gallant sont aux choeurs. Williams était le guitariste attitré de Donald Lautrec à l’époque et avait auparavant fait partie du groupe Gene & the Notes. Peu avant le succès de Plattsburg…, il publia aussi un album éponyme pour l’étiquette Jupiter.

L’Unité – J’ai tant souffert (Nobel; 1972)

Publié sur l’étiquette du producteur Guy Cloutier, ce mystérieux groupe pourrait bien être un projet parallèle de l’ex-chanteur des Bel Canto. En effet, Danny Bolduc signe les deux faces de leur unique (?) simple. Un vers d’oreille tout de joual vêtu.

Le Beau-Père d’Arthur – Le fermier psychédélique (Youpi; 1972)

Collaboration loufoque entre Jean-Guy «Arthur» Cossette (Les Jaguars, Les Sinners, La Révolution Française) et Alain Jodoin (Les Sinners) pour l’éphémère étiquette Youpi. Jodoin chante l’histoire rocambolesque d’un fermier tenté par les activités illicites de ses nouveaux voisins hippies… Il fume de la marijuana, des p’tits carrés de yayashish et deviendra ultimement “le gars de Manseau” (en référence à l’échec du festival du même nom en 1970, organisé sur les terres de la ferme Napoléon). En plus de poursuivre l’aventure des Sinners dans les années 70, Jodoin publiera aussi quelques albums en solo et s’associera avec un autre Sinners, Daniel Valois, pour l’album pop-rock Valois/Jodoin.

Réal Barrette – Y faut jamais faire brailler sa blonde (Avril; 1969)

Imaginez un 45 tours résultant de la rencontre fortuite de Évariste, Réal V. Benoît et le Bonzo Dog Doo Dah Band et vous vous approcherez de la folie que condense Barrette sur chacun de ses rares 45 tours! Ce professeur d’anglais enregistra deux simples pour l’étiquette Avril en 1969 avant de collaborer avec plusieurs artistes, notamment Joel Denis sur son album éponyme de 1970. La salace face A de ce même simple, La grosse toutoune , aurait été chantée à l’émission Jeunesse d’Aujourd’hui en 1969. Si vous possédez cette prestation et souhaitez la partager avec nos auditeurs, écrivez-nous!

Balladodiffusion du 25 septembre 2011: Pop prépubère et bâtards de Charlebois (1re partie) by Mondo P.Q.

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5 Commentaires

Barette était prof d’anglais en effet, c’était à la polyvalente Louis-Riel au coin Rosemont et langelier. je le sais, je l’ai eu comme prof. Il nous faisait ses tounes dans la classe et on apprenais lk’anglais dessus ou sur les paroles de plusieurs tounes des Beatles… C’était vers les années 77-80.

Réal Barette a été mon professeur d’anglais au secondaire à la polyvalente Louis-Riel, coin Carignan et Rosemont, de 1977 à 1979. C’était un personnage coloré, un bon vivant, et nous avons appris l’anglais sur les paroles des chansons des Beatles, de Cat Stevens, et certaines de ses compositions pour le moins hilarantes, souvent accompagnées de son instrument favori le Bouzouki. Malgré les éclats de rire que provoquaient les paroles de ses chansons, il n’en était jamais déconcentré…

Je lui lève mon chapeau, car malgré son excentricité, c’est beaucoup grâce à lui si je suis bilingue aujourd’hui. C’est fou comme 35 années peuvent passer vite !

Merci Claire pour ce souvenir! Nous espérons retracer Barrette depuis belle lurette alors si vous savez où/comment le rejoindre, faites-nous signe. Si tout se passe bien, nous diffuserons sous peu un autre de ses fascinant 45 tours!

Effectivement, j’ai également eu Barrette dans un cours d’anglais secondaire 3 à Louis-Riel en 1987. Nous, c’était ”With a little help from my friend” de Ringo et ”Hey you” de Pink Floyd que l’on devait apprendre par coeur et aller lui réciter à son bureau un après l’autre.

ahaha Tout un troubadour-enseignant!

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