J’ai entendu dire qu’ils avaient déjà commencé. Poser des grands trous, même un peu partout. S’creuser des enfers pour défier l’hiver. – Claude Léveillée (1973)

Mondo PQ s’inspire de la grève étudiante présentement en cours au Québec et, dans la même lignée, du mouvement planétaire des Indignés pour faire un survol des artistes et chansonniers contestataires du Québec des années 60 et 70. Chacune de ces pièces demeure encore -sinon plus!- pertinente aujourd’hui. Plus ça change, plus c’est pareil? Seconde et dernière partie de notre spécial “Indignés”. Bonne écoute!

 

1- Melchior Alias – Non rien de mieux (Capitol; 1969)

Conclusion de l’album Melchior Alias… un véritable pied de nez enfumé à l’hymne national canadien.

2- Michel & la 4e Volonté – CEGEP Blues (Pop-Apex; 1970)

Simple produit par Donald Seward et Pierre Sidor (ex-César & les Romains). Le dernier de leurs trois 45 tours. Ce titre fut compilé sur Freak-Out Total Vol. 3 (Mucho Gusto) ainsi que dans la série Les Introuvables (Disques Mérite).

 

 

 

3- Pauline Julien – Eille (Zodiaque; décembre1971)

Quelle intensité! Extrait de Au milieu de ma vie, peut-être à la veille de… un album essentiel. Deux autres versions furent enregistrées sur La liberté en marche Bruxelles-Wallonie (1971, Rénovation, LP 001) et Poèmes et chants de la résistance 2 (janvier 1971, Résistance, RE-604).

4- Plume Latraverse – La marde (London Deram; juin 1976)

Michel Latraverse, ancien membre du groupe La Sainte-Trinité. Extrait de son sixième album, Plume en noir et blanc. Plumeurs, réjouissez-vous! Tous les albums du chanteur sont disponibles en ligne sur son site officiel.

Bruce & Tanya (?) Mackay; 1968.

5- Bruce Mackay – The sacraments of evil (Gamma; 1966)

Chanteur folk montréalais ayant endisqué quelques chansons pour l’ONF (High Steel en 1965). Il s’exile à NYC en 1967 pour atterrir sur l’étiquette ESP et y produire son second et dernier LP. Plus tard, il collabore et chante avec Robert Charlebois sur Sensation II (la version anglophone de Sensation), un simple qui demeure pourtant méconnu dans sa discographie.

6- Claude Gauthier – From Santa to America (Gamma; 1967)

Des arrangements de Pierre F. Brault bercent cet album entre la prose engagée du chansonnier et une orchestration aussi avant-gardiste que délicate. Cette salve antimilitariste, coécrite avec Louise Forestier, vise au coeur du rêve américain. Elle serait reprise peu après avec fracas par Forestier sur son second album.

 

7- Tex Lecor – St.Scholastique Blues (Gamma; 1973)

Son 10e album, Quand je rêve… c’est en couleur. Relate l’histoire des agriculteurs déportés sur ce qui est aujourd’hui Mirabel. Tex fut peintre (Paul Tex Lecor), chansonnier, tenancier (Sous mon toît) et animateur radio et télé (Sous mon toît, Les Insolences d’un téléphone, Le Festival de l’Humour Québécois, Y’a plein de soleil). Sa discographie est truffée de perles aussi réalistes que loufoques et mérite une nouvelle écoute.

Les Cyniques, pour la justice et l’humour (Le Petit Journal; septembre 1970)

8- Les Cyniques – Liberal-Federal (Disques Bêta; )

Extrait de l’album « 6 ». Serge Grenier et André Dubois se paient la tête d’un back bencher de politicien.

9- Les Cyniques – La chanson très vulgaire (Gamma; 1970)

Serge Grenier, André Dubois, Marc Laurendeau et Marcel Saint-Germain charment par leur vulgarité dans une scène hilarante du film Ixe-13 de Jacques Godbout. La bande originale fut confiée à François Dompierre. Cet hymne illustrait une scène d’entraînement à la boxe dans cette adaptation cinématographique des Aventures étranges de l’agent IXE-13 – L’as des espions canadiens , une série de romans d’espionnage de l’auteur Pierre Saurel.

10- Luc & Lise – Qu’il soit maudit le jour (Polydor; 1970)

Un texte de Raymond Mamoudy -un auteur compositeur qui oeuvra avec beaucoup de chanteurs français- ce message antimilitariste aurait été inspiré de la situation intériorisée d’un jeune conscrit. Extrait du cinquième album du duo formé par Lise Vachon & Luc Cousineau, passant à l’époque des Alexandrins à un sobriquet plus sobre.

11- Jean Fortier – Moneyville (20 Black; Gamma; 1968)

Premier simple en solo (Capitol en 1967 puis Gamma l’année suivante) pour ce chanteur et guitariste des Cailloux. Superbe pochette cartonnée dessinée par son frère, Michel Fortier (membre de Chiendent). Les arrangements sont de Paul de Margerie. Fin cynique, Fortier s’imprègne de la fougue de Brel (qu’il avait croisé la même année sur le plateau de Jeunesse Oblige), affiche son profile le plus sombre et mise tout sur le «20 noir».

Pour gagner beaucoup d’argent, j’investi beaucoup d’argent, je spécule jour et nuit à Moneyville.

Je spécule tant et tant que je fais beaucoup d’argent; l’argent c’est les enfants de Moneyville.

Demain j’aurai ma maison, des bagnoles, du vison à offir aux femmes de Moneyville.

Demain j’aurai des valets qui ne parlerons qu’anglais; on ne parle qu’anglais à Moneyville.

Pour en savoir plus au sujet de Fortier, on vous recommande le billet de Sébastien sur son blogue Patrimoine P.Q.

12- Claude Léveillée – La froide Afrique (Barclay; 1973)

Vision prophétique; c’est tout le Canada qui s’essoufle et disparaît dans cet hymne écologique! Avec le réchauffement planétaire, le Plan Nord…. avouez que cette prose est toujours d’actualité! Arrangements grandioses de Gérard Manset (Guy Godin, Pierre Dufresne, Marc Hamilton). Extrait de l’album Les amoureux de l’an 2000.

 

 

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3 Commentaires

La pièce de résistance est bien celle de la toute fin de l’émission, “La froide Afrique”, quelle belle chanson de Claude Léveillée, elle est vraiment actuelle et visionnaire.

Excellent, comme toujours d’ailleurs….
Pour ceux qui ne le saurait pas encore, Pierre Saurel(IXE-13) est le nom de plume du comédien Pierre Daigneault, alias, Ti-Père, du téléroman Les Belles histoires des pays d’en haut…..

Merci pour ton écoute et cette précision, Stéphane!

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