L’Évolution ou Évolution Phase 1, leur unique simple fut compilé sur les deux volumes de Satan Bélanger présente Freak-Out Total (Disques Mucho Gusto)

Alors que les fraîcheurs de l’automne s’installent, notre petit studio montréalais s’immole pour la 16e édition de Mondo P.Q.! L’effervescence de quelques rares jingles originaux de Coca-Cola développés pour une campagne publicitaire de 1965 catalysent une première demie-heure où se croisent d’illustres artistes de la pop baroque (Les Bel Canto), du rock garage (Les Dabsters, Le Choeur d’une femme) et des hymnes instrumentaux (Les Ook-Piks, Les Lutins).

En seconde demie-heure, les rythmes sauvages de l’ami Satan Bélanger rugissent alors que les Disques Mucho Gusto annoncent la parution imminente du nouveau volume de sa série Freak-Out Total! L’occasion était trop belle pour vous offrir en primeur divers extraits et rejetons de la filière freak québécoise! Figure légendaire de l’underground québécois depuis les années 80, Bélanger collectionne et isole aussi de nombreux titres francophones pour ses compilations exploitant un curieux mélange d’avant-pop, de psychédélisme et d’expérimentations déglinguées. Une pharmacopée sonore qu’il qualifie candidement de psyché-jello. Tendez l’oreille et bonne écoute!

 

Les Jérolas – Indicatif Coca-Cola (Chantent pour les jeunes Coca-Cola; 1966)

Les Bel Canto – Quand vient le matin (Barclay; avril 1969)

Le plus saxon des groupes québécois nous proposait sur son quatrième album plusieurs tubes au potentiel international. Sérieux, entre vous et nous, avec une bonne promotion, Coui Coui ou Olé le matador auraient pu être des tubes à travers l’Europe. Leur talent ne s’arrête pas à ces succès locaux, puisque des titres comme Achète un billet, Petite fille je t’aime ou Quand viendra le matin révèlent une production aussi minutieuse qu’étoffée.

Les Sultans – Bring her back (DSP; 1967)

On a tendance à sous-estimer la capacité d’un groupe yé-yé à s’affanchir de son plus grand hit. Avec Les Sultans, le parcours inventif et métissé du groupe semble trop souvent encore aujourd’hui être occulté par leur reprise à succès de La poupée qui fait non de Michel Polnareff. À l’écoute de Sultans Express, leur second opus qui démarre avec fracas avec Pour qui pourquoi, force est d’admettre que le groupe avait une oreille sensible aux influences de toutes parts (The Byrds, Love, The Zombies). Denis Forcier, guitariste et principal compositeur du groupe, et Bruce Huard s’imposèrent rapidement comme des mélodistes chevronnés.

Les Dabsters – J’en ai assez (Passe-Temps; 1966)

L’aventure des Dabsters fut assez courte et ces jeunes montréalais du quartier Saint-Henri ne publièrent que deux simples avant de se dissiper dans la ville. Émannant la même rage adolescente que des groupes tels Les Misérables, Les Loups ou Les Différents, le groupe eut tôt fait de captiver les plus férus amateurs de rock garage. On pu d’ailleurs retracer les Dabsters dès les années 90 sur les compilations Rumble Québec Garage Beat 1966-67 puis People of Tyme , toutes deux orchestrées par Denis Lalonde, disquaire du Pick-Up (Montréal).

Le Choeur d’une femme – Parle-lui (Jupiter; 1967)

Ces musiciens parisiens d’expérience s’installèrent au Québec dès 1967 et captèrent l’attention du producteur Pierre Nolès, facilitant leur passage aux studios Stéréo Sound de Montréal pour l’enregistrement de leur unique simple (quoique des titres inédits existeraient). Le groove garage vrombissant de Parle-lui fut redécouvert en 2002 sur la compilation Québec Dans le vent Volume 1 et fait maintenant aussi partie de la série Les Introuvables (Disques Mérite).

Les Ookpiks – Time in (Télé-Disc; 1967)

La rencontre d’ex-membres de groupes instrumentaux légendaires comme Les Mégatones et les Versatiles ne pouvait engendrer que du bonbon et cette composition très classe  de Denis Champoux le prouve. À l’époque, et suivant le retour momentané des Mégatones, l’album sera aussi pressé avec deux pochettes diférentes, sous le nom des… Mégatones. Ralph Angelilo et Denis Champoux sont sur Facebook; allez leur dire un p’tit bonjour…

Les Lutins – La junglomanie (1968)

Seul titre instrumental de la trop courte carrière des Lutins, jeune et intense groupe de St-Hyacinthe reconnu pour ses succès “Je cherche”, “Laissez-nous vivre”, “Monsieur le robot” et j’en passe… La junglomanie clot le second et dernier album du groupe (En orbite) et illustre parfaitement la maturité artistique qui s’opère au niveau des groupes qui percèrent au delà du garage à la fin des années 60… Après la dissolution du groupe, le chanteur Simon entreprit une carrière solo tandis que ses ex-musiciens se rabaptisèrent Les Luths. Une adaptation de “Une fille comme ça” de la reprise instrumentale du groupe Les Masking Sounds fut malheureusement le seul rock n’ soul incisif auquel se prêta le nouvel artiste solo, dorénavant vautré dans une pop des plus mielleuses. Cette adaptation fut ultimement compilée par les Disques Mérite ainsi que sur le Volume 33 de la série Freak-Out Total (Disques Mucho Gusto). Les deux essentiels albums des Lutins ont entre temps été réédités et facsimilés par l’étiquette montréalaise Hungry For Vinyl (HFV).

Les Cailloux – Indicatif Coca-Cola (Chantent pour les jeunes; 1966)

Richard Latarte – Je m’en fou (Mavi; 197?)

« Parce que moé pour vivre, j’ai besoin d’freaker, j’ai besoin d’fumer… mais surtout j’ai besoin d’être québécois! » gueule le rockeur Latarte sur ce rarissime pressage privé! Une introduction sur mesure pour notre seconde demie-heure!

Évolutions Phase 1 – Terre de feu (Capitol; décembre 1970)

Ce groupe de huit musiciens évoluait sous le nom L’Évolution au début de la décennie 70 avant de remporter un concours dont le premier prix fut l’enregistrement de leur unique simple pour Capitol. Le groupe fit bonne impression sur scène et fut remarqué par Donald Lautrec qui les intégra à son spectacle lors de la tournée Musicorama de 1971. Ce titre apocalyptique de Richard Racine offre une ligne de basse fulgurante et des ambiances cuivrées des plus glorieuses! L’autre face de 45 tours, l’instrumental Thème de la mort, fut précédemment compilée sur le Volume 3 de la série Freak-Out Total.

Yves Doenias – Perdu (London; 1971)

Qui pouvait bien se cacher derrière cette ennivrante ballade pop psychédélique dans la nuit de l’infini..? Doenias, comme le chanteur Belge Valentin, aurait aussi pu être un artiste européen qui se serait échoué dans un studio québécois. Son seul simple fut arrangé par André Thibault avec l’aide de Michel Goodwill (aussi journaliste pour Photo-Vedettes) et produit par André Di Cesare (aujourd’hui des Disques Star). Si vous avez plus d’informations au sujet de Doenias, écrivez-nous!

Affiche promotionnelle pour l'unique simple du sextet Genèse (1971). Archives personnelles de Pierre Gauthier et Marie-France Paquin.

Genèse – Je crois en moi (Much; 1971)

À cent lieux des élans progressifs de leurs homonymes britanniques, le sextet hardrock Genèse ne publia qu’un seul et intense simple pour l’étiquette Much sous la tutelle de son producteur-maison, le guitariste Bill Hill (JB & the Playboys, Carnival Connexion, Freedom North). Le groupe misait sur les compositions de Pierre Gauthier et Marie-France Paquin, tous deux de futurs membres du groupe Éclipse. Suite à la dissolution rapide de Genèse, Gauthier rejoint l’influent groupe Aut’Chose pour quelques albums, recylant même au passage le riff de “Je crois en moi” dans la pièce “Ambulance Francoeur“.

Présence – Réalité (Ranch; 1971)

Pressés en faibles quantités sur les nombreuses étiquettes du producteur Tony Roman, le groupe présence n’aura produit que deux simples pour les disques R&B puis Ranch au tournant de la décennie 70. Le son de la Côte Ouest des USA transpire sur la face B de leur second 45 tours, une composition de Richard Geandreau et Lise Monast – des membres du groupe? Si vous connaissiez les musiciens de Présence, aidez-nous à leur rendre hommage en nous contactant.

 

Balladodiffusion du 2 ocotbre 2011: Mondo P.Q. freake assez! by Mondo P.Q.

Partagez

1 Commentaire

Très bons, les Bel Canto ! Je ne connaissais qu’un titre plus rock, “A kind of breakdown” sous la mouture Bel Kanto. C’est donc un groupe capable et aux influences diverses !
Sympathique émission ma foi !

Laissez un commentaire