“Là j’vous présente Monsieur l’Indien…en l’honneur de tous les déracinés du monde par la civilisation” – Claude Péloquin

Cette semaine, Mondo PQ s’inspire de la grève étudiante présentement en cours au Québec et, dans la même lignée, du mouvement planétaire des Indignés pour faire un survol des artistes et chansonniers “indignés” du Québec des années 60 et 70. De toute évidence, avec seulement 60 minutes devant nous, “survol” est le mot juste! Que l’on pense à “Citoyen d’Amérique” de Jacques Michel, “J’ai marché pour une nation” de Pagliaro ou “Monsieur l’Indien” de Péloquin-Sauvageau, chacune de ces pièces demeure encore (sinon plus) pertinente aujourd’hui. Plus ça change, plus c’est pareil? Ne manquez pas la deuxième partie de “Mondo P.Q., quossa donne” la semaine prochaine! Et bravo à Sébastien Desrosiers pour la superbe affiche inspirée de “Les unions quossa donne?” de Yvon Deschamps!

N.B. Nous éprouvons depuis quelques semaines certaines difficultés techniques avec les tourne-disques en studio…nous sommes désolés pour Tex…il reviendra la semaine prochaine!

Robert Charlebois – Protest song (Gamma; 1967)

Extrait de son 3e album éponyme populairement intitulé « Casque de guerre ».Production et arrangements de Pierre F. Brault.

On se permet de démarrer l’émission sur un ton un peu plus léger, avec cette pièce de Charlebois qui se voulait plus ironique que protestataire, et dans laquelle il se moquait de la pléiade de chanteurs et chansonniers à la voix “dylanesque” qui apparut sur la scène folk et rock du monde entier à l’époque.

Toujours sur le thème des “indignés”, on vous suggère du même album “50 millions d’hommes”. Une performance de toute beauté jouée à Jeunesse Oblige en compagnie de Louise Forestier et du Quatuor de Jazz Libre!

Les Sinners – Les grèves d’aujourd’hui (simple Jupiter; 1968)

Bien que le groupe donnait rarement dans la contestation, Les Sinners n’étaient toutefois pas étrangers aux critiques politiques (Gogo Trudeau; Procès de Paul Rose). Regard plutôt sarcastique sur les grèves (“moins d’heures, plus d’argent”) et pour laquelle le groupe avait enregistré une vidéo promotionnelle dans un cimetière! Dommage que ce ne soit pas sur YouTube. Le groupe aura également enregistré une version anglaise de la pièce (Rasperry Jam).

Sol (Marc Favreau) – Les adversités… (Kébec-disc; 1978)

Extrait de l’album Rien détonnant… le 3e volet d’une série démarrée en 1975.

Jacques Michel – Citoyen d’Amérique (Zodiaque; mai 1973)

Relecture plus rock de ce titre composé à l’origine pour son album S.O.S. (octobre 1971). Une version “power pop” bien avant que ce genre musical ne prenne de l’ampleur; on sent également l’influence du tube “Cool Jerk” des Capitols. Gilles Valiquette à la guitare! Une pièce on ne peut plus d’actualité, aux paroles presques visionnaires de Michel : “On mécanise mes activités, on cybernétise mes corvés; je suis un cerveau motorisé. Je suis un truc électronique on dit que je suis heureux comme ça; je suis citoyen d’Amérique on me dirige à l’oeil et au doigt.”.

Péloquin-Sauvageau – Monsieur l’Indien

Laissez-nous vous embrasser là où vous avez mal ; Réédité par Mucho Gusto en 2004. Jean Sauvageau est un pionnier de l’electronica au Québec. Dès la fin des années 50, il patente ses premiers synthés, alors qu’il est batteur pour l’orchestre de Tony Roman. Ancien élève de Stockhausen, il s’intéresse aux propriétés sonores de cette nouvelle lutherie synthétique et crée la « machine à Sauvageau ».

Claude Péloquin a signé les paroles de LINDBERGH pour Robert Charlebois. Poète imprévisible, il s’est produit de nombreuses fois sur scène, que ce soit seul ou avec d’autres (Nuit de la poésie, Le Zirmate, l’Horloge du Nouvel âge). Adepte de la collaboration artistique, on lui doit aussi le fameux slogan « VOUS ÊTES PAS ÉCOEURÉS DE MOURIR BANDE DE CAVES? » gravé en 1969 sur la murale de Jordi Bonet au Grand Théâtre de Québec.

Tex Lecor – St-Scholastique Blues (Gamma; 1973)

On se reprend la semaine prochain, cher Tex.

Yvon Deschamps – Le monde sont malades (Polydor; 1969)

Extrait de l’album “Les unions qu’ossa donne”, musique du Quatuor de Jazz Libre du Québec. C’est pour l’Osstidcho, en 1968, que Deschamps écrira son premier monologue, “Les unions quossa donne”, dans lequel un ouvrier naîf vante la bonté et la générosité de son patron. Suivra un an plus tard un premier album “Les unions quossa donne”, un bijou dans lequel on retrouve entre autres “Le monde sont malades”.

L’Infonie – Viens danser le OK-là (Polydor; 1969)

Leur seul simple de 1969, avec pochette-photo. Formé à Montréal en 1967, L’INFONIE vécut officiellement jusqu’en 1974. Mené par le compositeur WALTER BOUDREAU et le poète/chanteur/trompettiste RAÔUL DUGUAY, ce collectif à géométrie variable réunira jusqu’à 33 artistes issus du free jazz, de la musique classique, contemporaine, du rock, des arts visuels et de la poésie dans une aventure créative avant-gardiste qui ne connut pas d’équivalent au Québec.

Michel Pagliaro – J’ai marché pour une nation (DSP; 1970)

LE simple qui entame la renaissance du rockeur, tube qui précéde le succès de J’entends frapper.

Sylvain Lelièvre – Drôle de pays (Presqu’Île; 1976)

Nous avons terminé l’émission avec cette étonnante et mordante pièce de Lelièvre tirée de l’album “Programme double”, en 1976, avec Red Mitchell à la guitare. Et en avance d’un an sur le graphisme “Sex Pistols”, avec son nom épelé en “lettres détachées”! St-Jean Baptiste, priez pour nous!

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2 Commentaires

Excellent, Sébastien et Mimi ! Je pense qu’on a tout passé ça aux Tontons, à l’exception de Sol et Sylvain Lelièvre. Ce qui donne des idées, bien sûr…

On a bon goût, que ce soit à Québec ou Montréal! Merci CLaude. Ce n’est pas fini, la suite s’en vient…

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