Wizard (Pop-Jeunesse; mars 1972)

Wizard (Pop-Jeunesse; mars 1972)

Un rock plus musclé s’impose progressivement sur le Québec de la fin des années 60. Avec l’émergence populaire de l’underground, les artistes d’ici absorbent les influences américaines et britanniques du rock (Led Zeppelin, Spooky Tooth, Grand Funk, Alice Cooper, Black Sabbath) et du blues (John Mayall, Paul Butterfield, Jeff Beck, Joplin). Ce n’était pas encore donné à tous de pouvoir joualiser efficacement son rock comme l’avait fait Charlebois. Ainsi, la plupart des artistes francophones émuleront leurs idoles en choisissant de chanter en anglais. La presse de l’époque, plus particulièrement le magazine Mainmise et l’hebdomadaire Pop Jeunesse, mettront de l’avant ce nouveau son, le son de l’underground  (faute de meilleure description à l’époque), pour une jeunesse assoiffée de décibels. Signe des temps, l’Agence PG (Pierre Gravel) de Granby, une des plus importante de la vague yéyé/garage, eut tôt fait de se réinventer en moussant la carrière d’une foule de groupes hardrock québécois au tournant de 1970. Fracas assuré! Revenons donc aujourd’hui sur la première vague hardrock québécoise. Bonne écoute!

Vedettes de la tournée Starovan 69, Les Sound Track (Photo-Vedettes, juin 1969)

1- Les Sound Track – STP #1 (Disco-Bel-Air; 1969)

Comme en témoigne cet extrait de leur second et dernier simple, ce power trio, dont les membres étaient âgés entre 16 et 18 ans, était en admiration devant le son ravageur de Jimi Hendrix! Originaire de Trois-Rivière, le groupe était composé de Daniel Hubert (guitare), Pat Nermath (batterie) et Roger Hubert (basse).

L’unique simple du mystérieux groupe Max.

2- Max – Run, run (Trans-World; 1970)

Groupe montréalais méconnu qui, depuis notre diffusion originale, fut redécouvert par le biais d’une entrevue avec son guitariste sur le blogue Patrimoine PQ. C’était bien sur Trans-World et non Trans-Canada comme le mentionnait Sébastien en ondes!

Connexion (RCA; 1975)

3- Connexion – Faut pas lâcher (RCA; 1975)

Une des pochettes les plus hideuses de cette scène enveloppe un des disques les plus consistant de l’époque! Connexion rockait admirablement bien en français et n’offrait que des compositions. Le groupe comptait sur les talents de Richard Vézina (guitare), Emedio «Peanut» Verillo (guitare et chant), Michel Barbier (basse) et Salvatore «Toto» Sciortino (percussions). Chaudement recommandé!

Wizard sur scène! (Side One; octobre 1970)

4- Wizard – A familiar story (Apex; 1970)

Power trio montréalais (1970-1972) réunissant George Bowser (guitare), Mike Driscoll (batterie), Harry Marks (basse). Ce dernier travaillait pour le compte de la télévision CBC à Montréal, à l’émission Crackers, et forma Wizard lorsque l’émission fut retirée des ondes. Il fera carrière solo par la suite, alors que Bowser rejoindra Rick Blue pour le duo d’humoristes/satiristes Bowser & Blue. Le groupe fera même une tournée des Maritimes en compagnie des Séguins au printemps 1972!

*Mise à jour du 22 février 2012 : l’ex-Spaceshit/Chains Alex Fascination nous informe que le “bassiste de Wizard est nul autre que le père de Danny Marks (batteur des légendaires Spaceshits et Sexareenos).” Merci de cette info!

5- Sex – Not yet (Trans-Canada; 1970)

Blues-rock pesant, techniquement primitif et cru, avec Yves Rousseau (guitare), Serge Gratton (batterie) et Robert Trépannier (chant et basse). Pierre Ouellet s’ajoute au groupe pour leur second album, The end of my life. Lorsque sur scène, ils recrutent l’ex-organiste du 25e Régiment, Réjean Ruel. Leur deux albums furent combinés et réédités en bootleg par une étiquette européene. Légalement parlant, l’étiquette québécoise Prog Québec mériterait cette primeur à notre avis…

Guillotine

6- Guillotine – Hands of children (Ampex; 1971)

Soul Rock avec Carole Breval (chant), Paul Morin, Le Gros Pierre et six autres musiciens. Anciennement connu sous le nom The Market Place (1 simple sur Polydor). Relisez la brève entrevue de Morin sur le blogue Patrimoine PQ.

Lorri Zimmerman

7- Lorri Zimmerman – ‘Cause the world is mine (Crescent Street; 1971)

Elle débute sa carrière sous le nom de Sweet Loraine au sein de la seconde mouture du groupe de Verdun The Munks avant d’aller rejoindre les montréalais Life. Plus tard, elle formerait un tiers du trio bilingue et disco Toulouse. En compagnie de Mari-Lou Gauthier (elle-même plus tard de Toulouse), elle ferait les choeurs sur l’unique album du groupe Emerald City. Redécouvrez la version française de cette chanson par la chanteuse Éloïse dans notre émission du 3 août 2011!

8- Blind Ravage – Tousaw (Crescent Street; 1971)

Deux anciens membres du groupe Les Furys, Serge Fleury (orgue, piano) et Bob Dufour (basse, chant), rejoignent Jean Charbonneau (guitare) et André Deguire (batterie) pour former Blind Ravage, à Laval en septembre 1969. Le groupe tournera au Québec, en Ontario ainsi que sur la Côte Est des États-Unis. On a oublié de mentionner en ondes, mais avouez que les premières notes rappellent, non pas subtilement, Day tripper des Beatles…

9- Ellison – Unchanged world (Supreme; 1971)

Avec Robert Cayer (batterie), Vincent Marandola (chant et guitare), Richard Arcand (basse) et Christian Tremblay (guitariste en remplacement de…). L’étiquette Suprême était une brève sous-division de Trans-World, fondée pour exploiter ce « nouveau son underground ». Marie-Claire et Richard Séguin font un bref caméo sur une pièce de leur unique album éponyme en tant que choristes.

10-  Emerald City – Lonely Lady (Hippopotamus; 1975)

Laughter & Sorrow (Pop-Jeunesse; 1972)

11-  Laughter & Sorrow – Liberation pt. 2 (Pax; 1972)

Quatuor de Montréal avec le Robert Plant québécois René Ringuet (orgue et chant), Charles (guitare), Michel (basse) & Gerry (batterie). Une composition d’un certain J. Pankow. Le groupe projetait d’enregistrer un autre simple pour le compte de l’étiquette Hippopotamus; nous ne l’avons malheureusement jamais retracé… Est-ce que ce second 45 tours s’est concrétisé?

Dionysos (Pop-Jeunesse, novembre 1972)

12-    Dyonisos – L’âge du chlore – extrait (Jupiter; 1970)

Des pionniers! Un des premiers groupes rock à la fin des années 60 à pouvoir se vanter de ne composer exclusivement qu’en français. Groupe de Valleyfield composé de Paul-André Thibert, Philippe Bech, André Mathieu, Éric Clément, Jean-Pierre Legault et Robert Lepage. Leur premier album, produit par Donald Lautrec, est publié en 1971. Si le disque sonne creux, c’est que ma copie a été écoutée amoureusement à répétition depuis le temps… Dédiée à l’ami Marc Lambert, freak de l’époque et fan d’origine du groupe!

 

 

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5 Commentaires

marie-france blondeau

Trés bonne recherche, car Roger Hubert est mon conjoint, et il est vraiment un bon guitarise, il joue toujours.
Merci cela lui a rappelé de bons moments.

Merci de votre commentaire! Vous avez tout notre respect M. Hubert, votre composition s’impose entre nos oreilles comme une des pièces les plus corrosives et aventureuses enegistrée à l’époque! Content de savoir que vous jouez toujours. Si vous souhaitiez contribuer des photos/anecdotes de cette époque, je vous invite à nous rejoindre ici: mondopq@mondopq.com Je crois que nous avons une copie d’une longue entrevue avec vous dans un journal de 1969. On vous la ferai suivre. S.

Bonjour,

félicitations pour votre initiative et pour la musique rock du Québec.

Je suis le saxo du 2ième album du groupe ” SEX ” et votre professionalisme est nécessaire au Québec.

Saviez-vous que l’album est toujours vendu dans plusieurs pays dans le monde (Allemagne, Autriche, U.S.A., Grèce, Angleterre etc,,) et qu’il est même dans la mire de plusieurs collectionneurs. Je l’ai découvert cette semaine. J’ai même trouvé un site ou il demandait $275.00 mais la majorité se situe entre $18.00 jusqu’a $80.00

Malheureusement nous ne recevons rien en droits d’auteurs car il faudrait entreprende des actions légales et elles sont très honéreuses.

Si vous voulez savoir de l’info sur moi ou les autre membres du groupe

voici mon tél. 450-759-0577

P.s. Je n’ai jamais arrêté et je suis toujours actif commme musicien.
Je fais en moyenne 250 spectacles par année et vous pouvez me voir à plusieurs endroits présentement.

Bien à vous et merci pour vos efforts

Pedro le ” SAXO ”

Je viens de découvir Mondo PQ et je suis impressionné par l’intérêt que suscite le passé rock de notre province. J’ai remplacé Yves Rousseau comme guitariste au sein du groupe Sex et s’est aussi joint a nous Denis L Chartrand aux claviers.
Nous avons composé plusieurs chansons que nous avons interpreté “live” mais n’avons malheureusement pas enregistrées.
Les chansons avaient une saveur progressives vu l’influence naissante des Yes, Gentle Giant et cie sur notre musique. Apres cette aventure Denis et moi-même avons formé ET CETERA, groupe prog a forte influence Gentle Giant.

merci de nous faire revivre cette époque foisonnante de la musique québecoise

Robert Marchand

Bonjour M. Marchand,

Heureux de vous retrouver! Nous avons eu un plaisir fou à regrouper tous ces titres hard rock imposants, pesants, lours et.. pertinents! Y’a pas à dire, on a toute une province de rockers. Nous pensons depuis longtemps effectuer un survol de la scène progressive et, bien entendu, l’album de Et Cetera sera très certainement sélectionné. C’est d’ailleurs un des plus consistant de l’époque, à mes oreilles. ; )

Si vous souhaitez partager quelques photos de vos groupes ou enregistrements inédits, ne vous gênez pas.

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