7 avril 2013: Mondo PQ rencontre Les Sinners & Yves Jacques
Publié par Sebastien le avril 11, 2013 | 2 commentaires
Cette semaine, Mimi & Sébastien rencontrent des membres des Sinners et des Hou-Lops ainsi que Yves Jacques lors du vernissage de l’exposition « Les Beatles à Montréal » au Musée Pointe-à-Callière. Les Sinners nous parlent, entre autres, de leur passé rocambolesque et de la version anglaise de Vox Populi, tandis que Yves Jacques nous éclaire un peu plus sur les influences derrière son 45 tours iconique. En seconde demi-heure, on croise Rorrrrry Tremblay (Etc.Rock, les mercredis 20 h sur les ondes de CIBL) à quelques jours de sa millième émission et on en profite pour se feutrer dans une délicate pop harmonieuse de haut calibre. Bravo Rorrrrry! Bonne écoute!
Les Hou-Lops – Il a suffi d’un jour (Canusa; 1968)
Notre premier groupe francophone véritablement international! Leur 22e simple, si on exclut quelques pressages internationaux (Liban, Belgique, Hollande, Espagne, USA). Arrangé par Jacques Crevier, ce 45 tours puise une autre adaption sur le EP de Erick Saint-Laurent de 1967 (à qui le groupe avait emprunté Vendredi m’obsède, l’adaptation française de Friday on my Mind des Easybeats).
Entrevue avec Charles Prévost-Linton et Louis Parizeau – Première partie
Les Sinners – La Place (Jupiter; 1968)
Les Sinners utilisent exclusivement les amplis Vox… pour mettre à l’épreuve les fondations de la Place Bonaventure! Simple promotionnel rarissime de nos jours, qui venait avec une pochette joliment colorée et une version anglaise de la même pièce en face B. Certainement un des jingles les plus décapants… mais a-t-il été diffusé sur les ondes à l’époque? Ce titre était inclu sur la compilation de 2001, Québec dans le vent.
Entrevue avec Charles Prévost-Linton et Louis Parizeau – Seconde partie
Les Sinners – Everything will be Fine (inédit; Jupiter; 1968)
Version française de la chanson Le fou du roi. Extrait de la compilation CD de 1991 Les groupes des années 60 – 25 succès anglais, aujourd’hui épuisée. Cette compilation comprenait la version anglaise dans son entièreté de l’album Vox Populi.
Yves Jacques – On peut pas tous être pauvres (Constellation; 1981)
Tube aussi ludique qu’efficace, crédité à Yves « It » Jacques et Pierre Gagnon, qui donnera le premier vidéoclip québécois.
Entrevue avec Yves Jacques
The Time Machine – Cry out louder (Kilmarnock; 1971?)
Gimmicks are out! Solid professionalism is in! The «in» sound of today is Montreal’s The Time Machine! stipule l’envers de la pochette. Nébuleux quintet qui ne semble avoir pressé que ce double 45 tours sur Kilmarnock, l’étiquette du montréalais Galt MacDermot (compositeur de la comédie musicale Hair). Si vous avez des informations supplémentaires à leur sujet, écrivez-nous!
The Scepter – What’s the matter with Juliet (Allied; 1965)
Groupe de Pointe-Claire avec Tim Hewlings, Bill Ott, Marty Butler et Terry Williams. Majoritairement anglophones, le quartet publiera deux simples sur huit en français entre 1965-1969. Pour ce premier 45 tours, aussi publié en Angleterre sur SPARK, on adaptate un titre originalement popularisé par les anglais Flowerpot Men.
Coeur d’une génération – Le vagabond (Gamma; 1969)
Composition de Claude Michon et Alain Robert (ex-Aristos) avec Louise Themens au chant. Le Coeur eut un succès avec son premier simple Pierrot les cheveux en décembre 1969, avant de produire un album et quelques 6 simples jusqu’en 1971, et de participer au film et la B.O. de Y’a plus de trou à Percé.
Raymond Berthiaume – Sous la pluie (Vedettes; 1968)
Reprise de The rain, the Park and Other Things, le simple à succès des américains The Cowsills (le groupe qui était l’inspiration derrière The Partridge Family). Extrait de l’album Un monde avec toi – Raymond Berthiaume 68 avec l’orchestre de Pierre Nolès et les choeurs de Berthiaume.
Catégories: Archives | Étiquettes: Charles Linton, Le Coeur d'une génération, les Hou-Lops, Les Sinners, Louis Parizeau, Raymond Berthiaume, The Scepter, The Time Machine, Yves Jacques | 2 commentaires31 mars 2013: Pour une Pâques analogue (rediffusion)!
Publié par Sebastien le avril 1, 2013 | Laissez un commentaire
Oubliez les poussins, le chocolat, les lapins et toute la panoplie fructosée qui accompagne de nos jours la Pâques chrétienne! Mondo P.Q. a mieux pour vos oreilles et vous propose aujourd’hui d’effectuer un survol de la pop religieuse québécoise. Ambitieuse, avant-gardiste et spirituelle, cette tendance de la pop-rock souvent réduite aux seules messes à gogo avait de quoi plaire en actualisant ainsi les évangiles. Entre 1965 et 1975, alors que le clergé souhaitait en finir avec les «bondieuseries», les plus jeunes eux souhaitaient investir les lieux même du culte au nom du rock n’ roll. Plusieurs métissages découlèrent de cette double fascination et c’est avec plaisir que en explorerons les multiples facettes aujourd’hui. Peuple québécois, prions! Bonne écoute.
1-Charlotte & Hervé – Peuple Québécois, prions! (Pax; 1973)
2-Thème – Michel Conte – Prologue (Polydor; 1969)
Introduction de l’album « Aimons-nous les uns les autres ».
3-Des gens comme vous et moi – Peu importe (RM; 1972)
Projet du GAP (Groupe d’Animation Pastorale) parallèle à Agapè et aux productions des Studios RM de Cap-de-la-Madeleine, près de Trois-Rivières. Composition des frères André & Alain Dumont; Alain fut aussi guitariste pour le groupe psychédélique de Québec, La 5e Dimension! Sur ce rare album, plusieurs compositions sortent du lot par leur fougue et leur inventivité. René Dupéré, plus tard signataire de plusieurs bandes originales pour le Cirque du Soleil, signe une composition et dirige l’orchestre au piano. Poursuivez votre écoute en lisant cet article consacré à cet album.
4- Yvon Hubert – On the way to the mountain (Teleketics; 1972)
En plus de composer et chanter sur 4 albums solos produits avec François Dompierre, de partager la scène avec Offenbach (Saint-Chrone-de-Néant), Hubert a aussi enregistré deux rares albums en anglais pour le compte de l’étiquette californienne Teleketics. Des producteurs de Teleketics en visite à Montréal le remarquent alors qu’il se produit avec son spectacle Spirisphère suite au succès de son bref -mais catalyseur- passage à la barre de l’émission Le jour du Seigneur sur les ondes de Radio-Canada (1969-1970). S’étant retiré de la scène ainsi que de la pratique religieuse, Hubert oeuvre depuis 1977 pour les éditions Chant de mon pays à Mont-Saint-Hilaire, spécialisées dans la distribution de partitions musicales.
5- Super 13 – To love is to live (Eden; 197?)
Mystérieuse commune hippie/spirituelle de Montréal qui ne publia que cet unique album. Un pressage privé sur leur propre étiquette Eden, probablement publié entre 1970 et 1974.
6- Les Soeurs Richard – Dieu parmi les hommes (Inter-Media; 1975)
Extrait de l’album Avec toi j’ai retrouvé la joie. Groupe de Cocagne (Nouveau Brunswick) qui reposait sur les voix des soeurs Claudette, Gloria & Anne-Marie Richard. Une composition par Jo Akepsimas, figure marquante de la pop religieuse française qui participa à quelques ateliers musicaux (Opération Soleil par exemple), notamment dans les Maritimes.

Jean-Guy Morin portait plusieurs chapeaux: prêtre, auteur-compositeur, chanteur et gestionnaire de sa propre étiquette de disques (JGM).
7- Jean-Guy Morin – La création (JGM; 197?)
Jean-Guy Morin est toujours prêtre dans la communauté des Oblats de Marie Immaculée. Il publie environ 5 albums et quelques simples sur sa propre étiquette JGM et mise sur ses propres compositions. Sur son second album, son groupe prend les devants sur une rare improvisation jazz au rythme effreiné. Aujourd’hui, cet album demeure très convoité des DJs en raison des échantillonnages qu’on peut y faire. Le savais-tu, Jean-Guy?
8- Steve Fiset – Rappelle-toi Seigneur (Jupiter; 1969)
Un extrait de son premier album solo, intitulé Steve. Sous les cris d’une guitare écorchée vive, cet étonnant simple révèle un Fiset dans les sillons de Lautrec, moins mielleux et tout aussi soul.
9- Agapè – Le troisième seuil (Agapè; 1971)
En plus d’être une rareté absolue au catalogue des disques québécois, Agapè s’illustre par sa singulière production avant-gardiste. Mystique, l’album met en musique le parcours conceptuel d’un pèlerin à travers trois seuils d’éveil spirituel. Par des métissages originaux et parfois délicieusement maladroits, on touche à la fois au protest-folk, à des monologues ésotériques et des marches pop-psychédéliques aux atmosphères gothiques pimentées ça et là d’effets sonores modulés. Le multi-instrumentaliste René Dupéré, le chansonnier Marc Lebel et l’influent chanteur chrétien André Dumont sont quelques-uns des nombreux artistes impliqués, tous en orbite du Groupe d’Animation Pastorale (GAP). Suivant une récente entrevue avec Marc Lebel, une mise à jour de l’article publié précédemment sur Patrimoine PQ est à prévoir au printemps 2012. À suivre…
10- Michel Conte – Je reviendrai parler d’amour (Polydor; 1969)
En 1969, un Conte en kaftan entreprit une tournée controversée de spectacles à même les églises du Québec avec sous le bras son album le plus ambitieux. Plusieurs facettes du Nouveau Testament sont alors actualisées sous la production d’un Stéphane Venne way-out proposant une pop-rock liturgique raffinée, par moments épique. Découvrez son album «Aimons-nous les uns les autres» en visitant le blogue Patrimoine PQ.

Une pochette icônique! Nous aussi, comme Jésus, on a tendance à s’endormir en lisant le Journal de Montréal…
11- Charlotte & Hervé – Pogne pas lé narfs (Pax, 1973)
Duo fantaisiste formé de Chalotte Lapointe et Hervé Doucet (ex-Frères Flamingo) qui publia au tournant des années 70 l’album «Peuple québécois prions!», truffé de prières cocasses et de rock défroquant!
12- Le Père Tremblay & les Nouveaux Alléluias – Psaume 150 (Excellent; 1966)
Le Père Bernard Tremblay fut d’abord soloiste pour Les Alléluias, un imposant groupe de 13 séminaristes en soutanes de Aylmer-Est. Suite à la dissolution du groupe, il déménage à Moncton où il fait la rencontre de jeunes étudiants. Ils ont un groupe: Les Saxons. Il les recrute sous le nom des Nouveaux Alléluias, donne plusieurs concerts, effectue une tournée des Iles-de-la-Madeleine et du Québec et enregistre un unique album en 1966. À la suggestion de Tremblay, Les Saxons s’inscrivent et remportent le concours «28 Jours» de Jeunesse Oblige (cat. Groupes) en mars 1967. Bernard Tremblay défroque au même moment. Il chante toujours, sporadiquement… et c’est un maudit bon y’ab.
13- Les Messagères de Joie – Ma petite espérance (Sélect; 1966)
Sans pour autant défroquer, ce rock n’ roll optimiste a de quoi faire trémousser le voile de Soeur Wilfrid-Marie (Nanette Bilodeau) & Soeur Jean-Louis (Marie Dubord), un duo qui a vu le jour en 1961 à la Congrégation des Soeurs Grises de la Croix de Subury en Ontario. Paul de Margerie assure les arrangements de leur second album où cette mignonette rock n’ roll fut puisée: de loin le titre le plus risqué de leur bref catalogue.
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24 mars 2013: L’autre folk, seconde partie (1968-1977).
Publié par Sebastien le mars 24, 2013 | Laissez un commentaire
En juin 2011 pour notre 3e émission, nous avion exploré un genre que nous qualifions comme l’autre folk, un univers en marge des chansonniers de la première époque et des futurs stars de la vague folk déferlante des années 70 (Harmonium ou Jim & Bertrand pour ne nommer que ceux-ci). 66 épisodes plus tard, nous revisitons cette même scène intensément accoustique, mais qui ne négligeait pas de se brancher sur le 220V à l’occasion. Après tout, bon nombre des prochains musiciens que vous découvrirez étaient originellement issus du rock et de la pop… Influencés par Dylan, Cohen, Neil Young et Music from the Big Pink par The Band, une foule d’artistes anglophones, notamment, feraient de Montréal la Mecque des gratteux d’guitares parmi les plus influents au Canada. Merci à Pierre Fauteux et Jean Gauthier pour leur préciseux témoignages. Bonne écoute!
Peter Chalmers – Gipsy dance (extrait; Old Road Music; 1976)
Talentueux troubadour folk montréalais qui produisit quelques albums en pressages privés dont The Lady and the Stranger d’où provient cet extrait.
Jacques Michel – Les dés sont jetés (Jupiter; 1968)
Totalement sous l’influence de la période « Blond on blond » de Bob Dylan, cette pièce est extraite de son 4e album éponyme… Un titre semble néanmoins avoir été mystérieusement inscrit en Morse sur la pochette psychédélique (High). Parfaitement calibrée, Les dés sont jetés (5e lettre à Charlie) montre à nouveau le chanteur dans sa quête identitaire. Couplée d’un propos franchement dramatique, la dynamique trame musicale en deux temps avec cet orgue sifflant en fait l’un des meilleurs titres de son 4e album.
Rodier-Gauthier – Tu viendras (Pax; 1970)
Le duo formé de Roger Rodier et Germain Gauthier eut une courte carrière, mais l’amitié entre les deux guitaristes remontaient déjà à quelques années. Rodier avait fait partie du Mike Jones Group, mais les deux avaient aussi été du bref groupe montréalais Sex (différent du power trio hard rock du même nom) vers 1967 avec Jay Boivin (Les Sinners) et deux membres des Haunted (aucun disque) avant de se ressourcer dans un folk plus éthéré. Ils produiront ensemble deux simples sur Pax sous ce vocable en plus de performer dans les cafés dela métropole. Rodier composera aussi deux autres titres pour le premier simple en solo de Gauthier. Le duo se retrouvera à la même époque sur l’unique et à juste titre cultissime album de Roger Rodier, Upon Velveatur.
Erica Pomerance – You used to think (ESP; décembre 1968)
Have a drink, have a puff. Have a smoke, have a toke! Smoke (toke) dope; Toke (smoke) dope... L’unique album de cette chanteuse montréalaise, offrant un mélange aussi singulier qu’hyper-sensible de folk, de musique psychédélique et de free-jazz en quelques sortes. Le pressage original demeure difficile à retracer, mais ESP eut la brillante idée en 2005 de rendre disponible son catalogue complet. Ayant quitté le monde de la chanson, Pomerance a depuis réalisé quelques documentaires comme Dabla ou Tabala sur la condition des femmes en Afrique.
Jean Gauthier – La grange abandonnée (Franco; 1977)
Le chanteur nous écrit: «La grange abandonnée est née de mon désir de sortir des sentiers battus et de mon goût insatiable pour le romantisme imagé. Entrer dans un décor et décrire poétiquement la scène. Déclarer le sentiment et entraîner l’auditeur dans une envolée musicale dont il ferait lui aussi le voyage. L’idée du synthétiseur «Casavant» d’église est de Denis Champoux (l’ex-Mégatones produit l’album) et le concept m’a plu à m’en donner la chair de poule. Je l’ai accepté avec enthousiasme parce qu’il nous conduisait à l’apothéose du moment. Je suis très folk dans mes chansons. Je trouve dans ce style, toutes les fenêtres sur le champêtre pour en parler avec amour et poésie. Je présente quelques fois mes chansons de cette époque aux plus jeunes et à mon étonnement, ils aiment».
Sam Lloyd – Blues in your room (Chart On; 1971)
Guitariste et ex-membre du groupe Les Monstres (avec Marc Hamilton, son beau-frère à l’époque), ce protégé du producteur Normand Bouchard (Shadolls, Monstres) enregistrera pour le compte de son étiquette Chart On un album ainsi que quelques simples dont les premiers en format 12 » pressés au Québec (on est en 1971). Son album folk intimiste laisse entrevoir une certaine influence Beatlesque au niveau de la voix, le plus souvent «double-pistée». Qu-es-tu devenu Sam??? Lisez entre temps l’article du blogue Patrimoine PQ pour découvrir la discographie complète de Lloyd.
Jolie & Lafleur – Le temps des rois (Obsession; 1971)
Qui? Production de l’auteur et pionnier du journalisme rock québécois Benoît L’Herbier pour ce nébuleux duo.
Riverson – Between the lines (Columbia; 1973)
Trio résultant de la rencontre de Frankie Hart (Les Sirocco, Life, Freedom North) et de deux ex-Mashmakan, Brian Edwards & Rayburn Blake. Le batteur Graham Leare complétait à l’occasion l’ensemble. Cet album folk attend depuis maintenant 40 ans une réédition, amplement justifiée par la qualité des compositions et de l’interprétation. Leur adaptation de “Eleonore Rigby” est fantastique! Un groupe plus que ben correct qui fit entre autres la première partie de King Crimson à Québec en 1972, aux côtés de Octobre.
Paul Lauzon – Nefertiti (Pax; 1970?)
Ancien guitariste des projets montréalais Carnival Connexion et Life et futur membre du groupe canado-américain The Wackers, Jean-Paul Lauzon est originaire du Nouveau-Brunswick. Son unique album folk (Start again) fut réalisé à Montréal par Normand Bouchard.
Mantra – San Franciso morning (MM&C; 1970)
Trio formé de D’Arcy Draper, Dick Kelder et Pierre Fauteux qui ne publia que ce rarissime album sur MM&C, une petite étiquette country/folklorique. Auparavant, Draper et Fauteux avaient tous les deux fait parti du groupe montréalais Black Sheep, plus tard renommé The Lost & Found (aucun enregistrement). L’album ne remporta qu’un succès d’estime, surtout lors des prestations du groupe au Yellow Door (Montréal) ou Le Hibou (Ottawa). Malgré tout, Mantra fit la première partie de Mashmakan et fut invité à se produire en direct à quelques reprises sur les ondes de CHOM.
D’Arcy – Back at the begining (1971)
Ex-membre du trio Mantra, D’Arcy Draper poursuit dans la veine folk éthérée et s’entoure ici notamment du guitariste Denis Forcier (Les Sultans) pour électrifier la chanson-titre de son unique album “solo”. Son seul album fut produit par le DJ de CHOM FM, Doug Pringle, après qu’il ait découvert l’album de Mantra. Il voulait la suite et fit appel à une pléiade de collaborateurs: Rayburn Blake (Mashmakan, Riverson, Pierre Fauteux (Mantra), Jerry Mercer (April Wine) et Tim Forsythe (The Haunted, Our Generation, JB & the Playboys). Tricotté serré!
10 mars 2013: Pop au féminin!
Publié par Sebastien le mars 11, 2013 | 4 commentaires
Le 8 mars, journée internationale des droits des femmes, est passé mais aujourd’hui on rend hommage à quelques-unes de nos grandes artistes, des auteurs-compositeurs parmi les plus reconnues avec quelques interprètes parfois sous-estimées qui ne manqueront pas de vous surprendre. Place aux femmes! Bonne écoute!
Extrait – Nicole Therrien du Front de Libération des Femmes du Québec au Salon de la Femme (Archives de la SRC; 1970)
Renée Claude – N’y vas pas (Barclay; novembre 1971)
Extrait plutôt funky de son 9e album solo, Tu trouveras la paix : son dernier album réalisé en tandem avec l’arrangeur/compositeur Stéphane Venne avant d’opter pour Luc Plamondon.
Les Gauloizes – P’tites, p’tites, p’tites (Barclay; 1970)
Le rêve de trois jeunes musiciennes mis en chanson et devenu réalité! À 19 ans un concert à St-Jean-de-Dieu et à 20 ans: découvertes du disque! Trio montréalais formé de Liette Marsolais et des soeurs Michelle & Danielle Rinfret. Elles chantaient dès 1967 dans les boîtes à chansons en reprenant des chansons de Michel Conte et Clémence Desrochers. Elles travaillèrent ensuite avec l’arrangeur Claude Rogen, mais c’est Stéphane Venne qui produirait bientôt leurs deux simples où les musiciennes signent paroles/musique.

Market Place (Collection personnelle de Paul Morin).
Market Place – Echoes of my Mind (Polydor; 1970)
Le groupe témoignait d’une impressionnante feuille de route pour le guitariste Paul Morin. Après plusieurs formations (The Golden Boys, Soul Caravan, Brass Sounds & Co.), il fonde Market Place, un octet montréalais, avec une nouvelle chanteuse, Frances Turner. Elle ne serait de l’aventure que le temps de ce simple. Après son départ, le groupe subirait un léger remodelage avec l’arrivée du Gros Pierre (Nadeau) et se rebaptiserait Guillotine avec la chanteuse Carol Breval. Frances Gould Turner chante de nos jours avec la même passion dans le Big Band de Brian Downey, entre Toronto et Ottawa.
Patsy Gallant – Get that ball (Columbia; 1972)
Une voix parmi les plus puissantes et versatiles! Au sein des Soeurs Gallants – LA référence en matière de choristes au Québec – la chanteuse et ses soeurs, originaires du Nouveau Brunswick, ont participé à une pléiade d’enregistrements pour d’autres artistes dans les années 60. On peut d’ailleurs voir les soeurs Gallants à l’oeuvre en studio avec Tony Roman dans le film On sait où entrer Tony, mais c’est les notes de Claude Fournier. Patricia Gallant publie ses premiers simples en solo vers 1966-67 (La musique et la danse et Mister Lewis), et participe aux B.O. de L’Initiation et Y’a plus de trou à Percé avant d’enregistrer ses premiers albums à succès. Get that Ball est tiré de son véritable premier album, publié simultanément en anglais (Upon my own) et en français (Tout va trop vite).
Nicole Martin – Tout tourne et tout bouge (Campus; mars 1973)
Elle avait fait ses débuts dans le duo Nycole & Frederic, puis s’était aventuré avec Tony Roman dans une brève incarnation solo sous le nom de Zerra, mais c’est avec son premier album solo (Une nuit avec toi ) que la chanteuse s’imposerait durant la prochaine décennie.
June Wallack – Pour qui tu m’prends (RCA Victor; 1976)
Sur son unique album fusionnant quelques influences funky/progressives, elle est accompagnée du bassiste Bill Gagnon (Charlebois, François Carel, Ville Emard Blues Band), des guitaristes Michel Robidoux & Moose Tellier (VEBB), du batteur Dennis Farmer (Harmonium) et du claviériste Le Gros Pierre (Nadeau). Elle lance quelques simples dont un destiné aux Jeux Olympiques de Montréal et prête sa voix à l’album Le Champs de L’Éternité de Claude Péloquin et Michel Le François. Elle s’est détournée de la scène musicale au début des années 90 pour miser sur une carrière de narratrice.
Dominique Michel – La mini-jupe (Apex; 1967)
10 ans après nous avoir chanté Sul’ perron, Dodo saisissait la dimension pop de ce symbole vestimentaire de l’émancipation féminine et en réalisait un simple à succès, pimenté de ses légendaires «gnan! gnan!», à la manière d’une scène de Moi et l’autre. Elle avait 35 ans lorsqu’elle revendiquait La mini-jupe!. Tassez-vous, jeunes filles!
Christine Charbonneau – Papa-gâteau (Gamma; 1968)
Extrait de son troisième album éponyme, réalisé en collaboration avec l’arrangeur François Dompierre. Alors âgée de 25 ans, elle raconte sur cette chanson sa nouvelle flamme pour le comédien/pianiste Roger Joubert (qu’on entend aussi sur ce titre) avec qui elle avait composé son second album en 1966. Au cours des décennies 60 et 70, elle adapterait et cosignerait de nombreuses chansons pour Michel Louvain, Renée Martel, France Castel, Ginette Reno, Renée Claude et même la française Sheila.
Ginette Letondal – L’amour cybernétique (Sélect; 1967)
EP peu commun publié par Sélect pour son nouveau format – le Mini-micro – un des rares titres à proposer du matériel exclusif à ce support. Letondal est une actrice et comédienne qui débuta au milieu des années 40 une carrière sur scène, au cinéma et dans plusieurs télé-théâtre. Elle jouera dans les Plouffe, le film Caïn en 1965 et dans la pièce « Madame sauce-y-était » de Emmanuel Cocke, parallèlement à l’enregistrement de son disque. Rülf Delawani, auteur d’une biographie à paraître sur Cocke nous écrit:
Pour son mini-micro, Letondal n’a fait qu’une seule apparition à la télévision, en janvier ou février 1968. Les ventes n’étaient pas convaincantes et le 7 » passa très près d’être retiré du marché. Elle adopta bientôt une chevelure « presqu’à la Twiggy » pour aller avec son « costume de chanteuse » et annonça que son prochain long jeu serait produit par Marius Cultier. Cocke aurait écrit une ou deux pièces pour ce LP qui ne fut jamais mis en marché. Quant à l’auteur, il jouait souvent au Bag, sur St-Laurent, en 1969 et interprétait ses compositions ainsi que des pièces écrites par Roch Poisson et Claude Gauvreau. Il avait à l’origine l’intention d’utiliser le nom de Thomas Beauhaime comme pseudo et d’intituler son propre long jeu POT-EN-CIEL…mais qui sait…il changeait constamment d’idées sur ses titres…c’était une machine.
L’ensemble ne sera pas enregistré. Les romans Louve Storée (Coups de tête) et Va voir au ciel si j’y suis (Tête première) seront réédités en mai 2013. Pour découvrir le reste du mini-micro, passez sur le site de Monsieur Jeff.
Renée Martel – Imagine une seconde (Spectrum; 1974)
Dis toi Casanova qu’il n’y a pas de femmes froides, il n’y a que des hommes maladroits. Son 8e album pop (Réflections ) avant de poursuivre sa carrière dans une veine définitivement plus country.
Pauline Julien – Vivre qui es-tu (Zodiaque; avril 1971)
De son 10e album, Fragile, où l’interprète s’entoure de Jacques Perron (Vos Voisins), Michel Robidoux, Jacques Crevier et quelques musiciens comme Red Mitchell.
Diane Dufresne – Tiens-toi bien j’arrive – reprise (Barclay; 1972 )
Catégories: Archives | Étiquettes: Christinne Charbonneau, Dominique Michel, Ginette Letondal, June Wallack, Les Gauloizes, Market Place, Nicole Therrien, Patsy Gallant, Pauline Julien, Renée Claude, Renée Martel | 4 commentaires3 mars 2013: Mondo PQ plonge dans la fosse d’orchestre!
Publié par Sebastien le mars 6, 2013 | Laissez un commentaire
Amis mélomanes, l’envers du rétro québécois vous offre l’opus 67 de son poptpourri populaire, feutré pour l’occasion dans la pop orchestrale ou d’inspiration baroque. Clavecins, violons & flûtes sont à l’honneur!
Messages-éclairs sur la Santé et le Bien-être – Les maladies vénériennes (Gouvernement du Canada; 197?)
C’est du joli: on jase de gonorrhée sur un subtile accompagnement classique. Merci à Sylvain Lecours de Musique Cité à Sherbrooke pour cette jolie trouvaille! Il y a fort à parier que dans les prochains mois, nous dénicherons bien d’autres extraits savoureux sur ce 45 tours.
Neil Chotem – Le ciel se marie avec la mer (extrait; Select; 1967)
De l’indispensable album orchestral 3-12 avec les arrangeurs Marcel Lévesque et Paul de Margerie.
Les Kanto – Assez (Trans-Canada; 1971)
De leur dernier album Serais-tu un de mes amis?, une composition ennivrante de Dany Bolduc et René Letarte. Ce dernier nous a témoigné que «Yves Martin était le réalisateur. Comme cette chanson n’est pas montée aux palmarès de l’époque, on l’a très peu chantée sur scène.»

Richard Huet (t-shirt fleurdelysé) entouré d’artistes et amis de l’étiquette Chart On (Photo Vedettes, juillet 1971).
Richard Huet – Solveig (Polydor; 1972)
Texte élaboré sur La chanson de Solveig du compositeur classique Edouard Grieg et publiée en juillet 1971 sur un premier album éponyme. Le chanteur nous écrit: «Solveig est le premier texte personnel que j’ai enregistré sur disque. L’arrangement musical est de Guy Pedersen et fait à Paris. Eddy Marnay aimait beaucoup mon texte et m’encourageait à continuer. Il était d’une gentillesse et d’une douceur incroyables. Malheureusement, je ne l’ai jamais chantée en public. Comme l’arrangement était fait pour mettre en évidence les cordes et le clavecin, cela causait des problèmes sur scène ici. L’âge des synthétiseurs n’était pas encore très perfectionné en 1970. Ça me touche beaucoup que vous ayiez pris le temps de l’écouter et de choisir de la présenter à vos auditeurs, que je salue. Merci mille fois.»
Les Sinners – Versailles 1667 (Jupiter; 1967)
Tiré de leur second album éponyme (pochette fluo). La pièce serait utilisée l’année suivante dans le téléfilm La prise de Frontenac de Jacques Godbout (Kid Sentiment), où le groupe (aux côtés de Tex, Nanette, Charlebois, Forestier) chantait et jouait dans cette « fiction historique » en costumes d’époque.
Les Alexandrins – Amour d’été (Capitol; 1967)
Duo formé de Luc et Lise Cousineau (aujourd’hui Lise Vachon). Extrait du second album éponyme du groupe dans la série 70000 de Capitol (nouveaux talents Canadiens-Français), intensément orchestré.

Photo tirée du site Web du chanteur ( gillesvigneault.com ).
Gilles Vigneault – L’Horloge (Columbia; 1968)
Extrait de l’album Le nord du nord, contenant des classiques tels Tout l’monde est malheureux ou Berlu. Enregistré aux Studios Davoût de Paris sous la supervision de son inséparable arrangeur, Gaston Rochon. Le duo travaillerait ensemble sur plus de 100 compositions (source: Robert Thérien).
Monique Leyrac – Flowers, Perfume, Candy (Columbia; 1967)
Extrait baroque-pop de son 5e album, son premier microsillon anglophone. On y retrouve quelques habiles compositions du chanteur Michel Conte (Monica la Mitraille; Aimons-nous les uns les autres, Évangéline… ) coincées entre quelques adaptations populaires. Enregistré en Angleterre, la production est assurée par l’ex-Johnny Kidd & the Pirates, Johnny Spence. On retrouverait sa signature sonore sur le prochain album anglophone de Leyrac, mais aussi sur l’album à succès Notre amour d’André Gagnon.
Yves Lapierre – L’amour nous sourit (Celebration; 1974)
Adaptation d’une chanson de Denis Forcier (ex-Sultans) publiée sur son unique album de 1972. Extrait de Evidences of Yves. Non mais on l’aime-tu c’t'album-là!
The Sidetrack – Summership (Acetate Elektra; 1968)
Le groupe était partiellement originaire de Philadelphie, mais s’imposa rapidement sur la scène montréalaise, notamment au bar The Penelope (Parc / Sherbrooke). The Sidetrack était composé de J.C. Lewis (chanteur et cousin de John Sebastian), Poesh Brown (batteur), Ken Guilmartin (organiste), Andrew Higgs (bassiste de Ville Mont-Royal), Allen Brown (guitariste), Peter Brown et John Lewis (aussi de Ville Mont-Royal). Après l’enregistrement de la bande sonore du film High de Larry Kent en 1967 (redécouvrez notre spéciale Cinéma de janvier 2012 pour des extraits), le groupe se rendit à New-York en 1968 pour graver une acétate démo pour le compte des disques Elektra. L’abum ne fut pas publié à l’époque et n’existe qu’en quelques rarissimes copies. Il fut néanmoins réédité sur CD il y a quelques années sous le titre Baby.
Yank Barry – Introduction to The Diary of Mr Gray (78rpm; McConnell Record Limited; 1971)
Yank Barry – Welcome town (McConnell Record Limited; 1971)
Deux extraits de l’imposant coffret The diary of Mr Gray du montréalais Yank Barry, un ancien membre du groupe The Footprints qui avait aussi publié un simple en français sur Trans-Canada sous le nom de Yankey. Ici, il s’entoure principalement de son ex-collègue du groupe psychédélique américain The Stone Circus (formé principalement de montréalais exilés aux USA), Larry Cohen. Il s’approprie leur chanson « Mr Gray » qu’il adapte en une véritable fresque orchestrale racontant la démence d’un homme drogué. Ce coffret incluait photos, un album chanté, un second offrant un mix quadraphonique instrumental ainsi qu’un 78 tours en guise d’introduction à cette coûteuse « comédie musicale pédagogique». De nos jours, Barry est devenu un important philanthrope suite au succès du Vita Pro, un produit végétarien qu’il a créé dans les années 70.
James, John & François – Caroline (Aquarius; 1970)
Un des trois simples officiellement publiés par le trio formé de Jay Boivin, François Guy (deux ex-Sinners) et Jean-Guy Durocher (La Famille Casgrain). Suivant le succès de la comédie musicale Hair à Montréal (dans laquelle jouait Guy et Boivin), le groupe fut remarqué par le gérant de Mashmakan qui leur décrocha rapidement un contrat d’enregistrement avec Scepter à NYC.
Bruce Huard – Fly up to the sky (DSP; 1970)
Version anglophone de la pièce « Toi et moi », utilisée dans une scène du film de 1970, Finalement.
Jacques Alexandre – À trop aimer 2e partie (RCA Victor; 1972)
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