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the-leotards-009webEn 2013, nous avons initié la série L’envers du New Wave québécois en compagnie de l’ami/collectioneur/archiviste Pascal Pilote, spécialiste de la scène punk et alternative locale. Au cours de quatre émissions, cette collaboration s’est avérée être non seulement l’une des plus populaires mais aussi une des plus pertinentes à nos oreilles. Notre scène alternative des années 70-80 avait grandement besoin d’être revisitée et cataloguée, comme en témoignent les nombreux témoignages exclusifs recueillis auprès des artistes qui ont généreusement acceptés de partager leur souvenirs, photos, démos et 45 tours injustement méconnus aujourd’hui. Il y avait du travail à faire, on a relevé le défi et malgré la fin de l’émission en juin 2016, aujourd’hui on vous propose en quelques sortes la suite logique. Pascal Pilote et moi travaillons présentement sur une compilation qui regroupera bientôt une foule d’artistes originellement diffusés ainsi que diverses primeurs comme celle que nous vous présentons aujourd’hui. Nous vous donnerons plus de détails dans les prochains mois, mais entre temps, je vous propose la première chronique de Pascal pour ce site, une folle histoire de prostitution gaie et d’infiltration policière bâtie sur un véritable vers d’oreille! Je ne saurais trop le remercier tout comme Martin Lamontagne qui nous a initié à cette perle rare ainsi que Jean-Phillipe Tremblay qui a grandement collaboré à la recherche. Vous avez fait partie des Leotards ou des Hubcaps? Votre témoignage nous intéresse: écrivez-nous!

My god que c’est le fun avoir des amis aussi weird que soi. Il y a quelques semaines, l’ami Martin Lamontagne transférait des VHS pour un monsieur et il est tombé sur une vidéo d’une prestation du groupe « The Leotards » à l’émission « Jeunesse Express ». Je me dirige vers youtube après que Martin m’ait envoyé le lien et clique dessus: j’adore la chanson « Suicide Lover », ainsi que le look et les moustaches des membres! Il semble qu’il y ait encore des trucs à découvrir en ce qui concerne le New Wave au Québec. Une autre mission!

Vive youtube! Je trouve une autre prestation du groupe cette fois à l’émission « Et ça tourne » animée par Alain Montpetit. Comble de chance, c’est le drummer qui a mis en ligne la vidéo. Je contacte donc un certain Bernard par courriel : quelques heures plus tard, je jase avec lui au téléphone. Je suis surtout curieux du fait qu’à la fin de l’entrevue de « Jeunesse Express », y soit mentionné qu’un 45tours et qu’un album sont à venir. J’avais contacté quelques amis concernant ces disques, mais personne ne savait de quoi je parlais. Une obscurité vous dites!?

Le groupe était formé de Bernard Deslauriers (batterie), Robert Coté (mieux connu sous le pseudonyme Bob Side; guitare), Yvan Lejeune (basse, chant) & Robert Lauzon (claviers). Bernard me confirme donc qu’il y a bel et bien eu un 45tours – et une copie désormais pour moi! – mais que l’album et la tournée de 1981 n’ont finalement jamais eu lieu (quoique 8 chansons restent dans les voûtes en versions démos). Je rencontre Bernard qui me remet le disque en mains propres et lui demande le pourquoi de la patente du pourquoi on a jamais vu une copie du disque. « On a dû en vendre 20. Il m’en reste 5, j’ai jeté le reste il y a quelques années. On en a envoyé aux stations de radio, mais le disque n’a jamais été en vente officiellement ». C’est en fait la seule parution de l’étiquette Fluo.

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Ce que je trouve encore plus weird, c’est le fait que le groupe ait réussi à avoir beaucoup d’exposure pour un band inconnu comme ça, avec seulement un 45 tours qui est en vente nulle part… Peut-être est-ce parce que le fantaisiste et gars de party du temps des fêtes André Lejeune a décidé de faire un Malcom McLaren de lui-même en bookant son fils Yvan (basse) sur des gros shows de télé de l’époque? Yvan est bien le fils d’André et l’étiquette Fluo est une sous-division des disques Colibri de monsieur Lejeune. Déception: il semble que le paternel ne trippait pas new wave tant que ça. Qu’importe, déjà juste avec les paroles de « Suicide Lover », c’est un miracle que cette chanson ait eu une minime diffusion.

Hey pretty boy I’m going to take you all over. In case you don’t know i’m a suicide lover.

I can take you anytime cause your body’s all mine. If you try to run away i’m going to have you another day.

With your sexy tight jeans and your pretty hooker looks if you know what i mean i’d like to see you in those boots

When I see you on the street you look O-so-sweet. I’d like to feel your little body from your hair down to your feet

Hey old man, you know what I demand ’cause when I give you money you gotta get a little horny (?)

OK, here’s the bread : now let’s hurry up in bed.

Now you got them all off I’m going to show you how life is though : this is a bust!

hubcapsLa suite? Les Leotards se ramassent à participer à un concours à CHOM-FM où le public doit voter pour déterminer quelle chanson va être en «heavy rotation». Leur adversaire est un certain Phil Collins et malheureusement… il gagne. Ça marque pas mal la fin des Leotards. Le groupe réussi tout de même à faire un unique spectacle en carrière à la Roulathèque : triste pour un aussi bon band. Robert et Yvan forment par la suite « Les Hubcaps », groupe qui durera le temps d’enregistrer un album, quelques 45 tours et un simple 12″ que l’on trouve encore à l’occasion. Bernard, pour sa part, devient musicien de studio: il travaille avec Renée Martel, Bob Walsh, Luba, Shawn Phillips, etc. Il partira en tournée avec Michel Louvain bientôt et travaille encore avec monsieur André Lejeune de nos jours.

That’s all folks! Un gros merci à Bernard Deslauriers pour toute cette histoire et sa gentillesse ainsi qu’à Roxanne et Steven D!

 

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2 Commentaires

Merci de partager cette histoire musicale! Des belles découvertes pour moi 🙂

Merci Maude! On travaille plus concrètement sur la suite de cet article depuis… ; )

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