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Festival de Manseau le 2 août 1970 (Michel Gravel / La Presse).

Festival de Manseau le 2 août 1970 (Michel Gravel / La Presse).

Manseau. Le nom évoque certes un bucolique village de 900 âmes au Centre-du-Québec, mais il va de pair avec un curieux happening toujours présent dans les souvenirs de ceux qui y sont passés ou qui l’ont indirectement vécu. Du 31 juillet au 2 août 1970, le Woodstock Pop Festival de Manseau promet trois jours d’amour, de paix et de musique. La réalité sera toute autre et alimentera de solides rumeurs et toutes sortes d’histoires d’horreur pendant les décennies à venir. 45 ans plus tard, retournons sur la Ferme Napoléon pour remettre les pendules à l’heure et (re)découvrir le plus grand événement hippie québécois qui n’a jamais vraiment eut lieu…

PhotoPolice_Manseau1WEB2Quelques mois suivant le succès du monumental méga-spectacle de Woodstock aux États-Unis à l’été 1969, des organisateurs ont idée d’organiser un événement similaire en province. Le public québécois avait déjà eu droit à des Love-Ins et d’imposantes tournées Starovan ou Musicorama, mais cette fois-ci, on voyait encore plus grand… trop grand. Le happening envisagé a de quoi faire rêver : trois jours de spectacles en continue, un immense terrain de jeu aménagé au cœur du tranquille village de Manseau (près de Trois-Rivières), quelques dizaines d’artistes américains de renom qui rejoignent une pléiade de groupes locaux pour le plaisir des milliers de hippies qui convergent à la campagne.

L’organisation du Festival Pop est présidée par Roger Vandal, mais repose principalement sur l’investissement et le travail des Productions Woods, propriété des frères Filiatrault : Raymond Filiatrault (aussi connu comme le chanteur Pierre Lebon; promotion/vente), Fernand Filiatrault (aménagement), Pierre Filiatrault (distribution) et Réal Filiatrault (aussi connu sous le nom Réal Leroy; gérance). Médiatiquement parlant, c’est surtout un certain Richard Siegfried « Ziggy » Wiseman qui s’affiche comme porte-parole de l’entreprise. Cet ex-boxeur devenu pendant quelques temps le gérant de la chanteuse Jenny Rock entretient même des liens avec la mafia montréalaise. C’est ce dernier qui doit négocier les contrats avec les artistes, mais à quelques jours du début des festivités, bon nombre d’ententes demeurent nébuleuses quand elles ne sont pas carrément inexistantes…

L’ancienne ferme d’un agriculteur local (Paul Turgeon) sur le rang d’En-Haut s’impose aux organisateurs comme le lieu idéal pour y tenir leur festival. On a tôt fait d’acheter le terrain et de le rebaptiser La Ferme Napoléon. Un buzz médiatique se développe autour de l’événement dès juin 1970, généralement accompagné d’une certaine confusion qui alimente les rumeurs les plus surréalistes et quelques craintes chez les villageois. Un curé met déjà en garde les agriculteurs locaux contre d’éventuels vols de bétails par de jeunes drogués affamés. Lorsque le caniche d’un villageois disparait, on en vient même à soupçonner les hippies de l’avoir mangé…

Qu’à cela ne tienne : le gouvernement approuve finalement l’émission d’un permis pour la tenue du Festival à peine une semaine avant son ouverture, soit le 22 juillet. Plusieurs politiciens et journalistes expriment leurs doutes quant au succès de l’entreprise, mais personne ne remet en doute le besoin de la jeune génération de se rassembler pour un happening collectif et essentiellement pacifique. Presqu’au même moment, la SQ soupçonne parallèlement Raymond, Pierre et Fernand Filiatraut d’une vingtaine de fraudes auprès d’autres artistes et d’œuvres de charité. Réal Filiatrault déclare : On a fait arrêter mes trois frères. On est venu perquisitionner chez-nous. On m’a interrogé pendant sept heures et demi de temps. Je dépensais 5000$ à 10 000$ du coup et on me déclarait que le permis que je détenais, je ne l’aurais peut-être plus le lendemain matin. Décidément, ça chancelait déjà et c’est sans parler de la présence soupçonnée de la mafia dans l’organisation, les soins hospitaliers d’urgence non-rémunérés ou d’une petite clique de hippies qui conteste déjà sur place le prix des billets par un sit-in. Y’a pas à dire, un nuage sombre flottait au-dessus des champs de la ferme Napoléon…

Quelques 200 policiers sont néanmoins dépêchés à Manseau, 35 voitures, 20 motocyclistes et 2 hélicoptères. La Sureté du Québec est en uniforme, tandis que des agents de la GRC en civil croquent des photos sur les lieux. Les agents de la SQ sont pour la plupart regroupés à l’école Ste-Croix de Manseau, transformée pour l’occasion en véritable quartier général des forces de l’ordre. Puisque La Ferme Napoléon est considérée comme un « terrain privé », les policiers assurent les organisateurs qu’ils « n’y mettraient pas les pieds sans y être demandés officiellement », qu’il n’y aurait pas d’arrestations sur les lieux et, du coup, qu’ils ne contrôleraient pas la consommation et la distribution de drogues. Les pushers ont alors le beau jeu et la vente de stupéfiant s’annonce librement. Des pharmacies éphémères comme LSD (Laplante Speedy Drugstore) ou POT (Pharmacien Ô Travail) offrent ainsi toutes une pharmacopée d’hallucinogènes et de stimulants (Benzédrine, Dexédrine). Dans ce contexte où tous les abus sont permis devant comme derrière le comptoir, le journal local Le Nouvelliste dénombrera le nombre impressionant de 600 patients traîtés pour des bad trips après avoir consommé du LSD ou du hashish de pauvre qualité. Comme si l’incident du brown acid de Woodstock avait aussi fait son chemin vers Manseau… En réalité, c’était plutôt 600 incidents de toutes natures (foulures, coups de soleil, etc.) et quelques mésaventures lysergiques…

Le festival Pop de Manseau 28 Juillet1970. Un jeune participant se fait evacuer après avoir été depassé par les évènements Michel Gravel/La Presse Publiée: 2005-08-01, Actuel 04--Texte:Marie-Christine Blais/La Presse Archives/La Presse

Bad trip! (Michel Gravel / La Presse)

Manseau en guise de pochette (Mucho Gusto; 2012)

Manseau en guise de pochette (Mucho Gusto; 2012)

Dès vendredi 2 août 1970, en pleine canicule, la Sureté du Québec dénombre quelques 8000 spectateurs présents alors qu’on n’avait vendu un peu moins de 1000 billets… Quelque chose ne tourne pas rond! Michael Lang (organisateur du Pop Festival de Woodstock l’année précédante et consultant auprès des frères Filiatrault) visite le site de la Ferme Napoléon vendredi soir avant de s’éclipser discrètement et apparemment « déçu ». Les organisateurs accusent déjà un certain déficit quand ils constatent qu’à ce rythme, ils ne pourront payer comme prévu les agents de sécurité qui déjà, peinent à contrôler la foule envahissante. Frustrés, ces derniers quittent les lieux peu après minuit. Le lendemain après-midi, on ne dénombre plus que 3500 personnes, les «hippies pur et durs» ayant cédé leur place aux curieux de tout acabit. À 15h00, les organisateurs se voient dans l’obligation de rendre l’accès au site gratuit afin d’éviter tout débordement. La Sureté jouait alors sur notre intelligence. Elle savait qu’on ne fermerait pas le son, la musique, pour mettre un terme à cette invasion massive gratuite. On savait que je n’étais pas assez inhumain ou imbécile pour agir ainsi, ce qui aurait pu provoquer la colère des gens et se terminer par cinq ou six morts.

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La foule de Manseau prend la scène! Crédit: Gilles Roux, photographe.

EVedettes_01081970_ManseauWEBEt la musique dans tout ça?

Un festival, c’est bien, mais sans musique… à quoi bon? En se nommant officiellement le « Woodstock Pop Festival de Manseau », les spectateurs sont en droit à s’attendre à « 3 days of peace, love and music ». Dès les premiers balbutiements cependant, rien ne semble moins certain…Entre juin et juillet 1970, on annonce sans toutefois confirmer la venue d’une imposante brochette d’artistes, pour la plupart des États-Unis. Faute de précisions, l’aspect musical est souvent relégué au second plan, loin derrière les questions insistantes des journalistes à propos de l’hygiène, de la sécurité, du naturisme, de la consommation de drogues, etc.

L’implication indirecte de Michael Lang à titre de consultant pour l’organisation de Manseau inspire probablement l’idée d’inviter Ritchie Havens, Canned Heat, Joe Cocker et même Jimi Hendrix, des artistes qui ont tous participé à Woodstock l’année précédante. Bien qu’on promette leur venue à plusieurs reprises, Le Soleil confirme finalement le 30 juillet que ces artistes n’y seront pas. Cela n’empêche toutefois pas les organisateurs de payer une pleine page promotionnelle dans l’édition du 1er août du journal Écho-Vedettes, question d’ajouter à la confusion. Alors que les festivités sont déjà en cours, cette rare publicité annonce toujours la participation de Havens, Canned Heat et plusieurs autres dont Little Richard, Voice of East Harlem (New York, NY), Dr. John, ST 4 (New-York, NY), Mauroks (New-York, NY), Dakota, Unspoken Word (Long Island, NY), Instan Puddin (obscure quatuor américain), Flesh, Ouin Coswell, Stark Naked (Long Island, NY), Lazarus (Woodstock, NY), This End Up, Blu Hare et plusieurs autres vedettes américaines. Culottés, les organisateurs prennent soin de spécifier au bas de l’affiche que les artistes (sont) sujets à changement sans avis. Ça s’invente pas. Certains avancent même que des noms de groupes auraient été inventés de toutes pièces; on compte sur vous pour nous aider à identifier quelques-unes de ces mystérieuses formations. Chose certaine, même mensonger, ce panel demeure plutôt écclectique! Lorsqu’on constate que le véritable nom de l’événement est Woodstock Pop Festival de Manseau, on comprend mieux qu’on visait essentiellement l’importation d’un showcase newyorkais. Poussons l’audace et demandons-nous si ce n’était pas la possibilité de conclure un échange culturel et touristique avec nos voisins du Sud qui avait ultimement facilité l’obtention d’un permis auprès du gouvernement Bourassa? On jase, là…

Du côté des artistes québécois présentis, les noms de Robert Charlebois, La Révolution Française, Les Bel-Airs, L’Infonie ou Michel Pagliaro circulent bien qu’aucun ne soit confirmé dans la publicité du 1er août. Du lot, seules les formations Lasting Weep et La Révolution Française (Angelo Finaldi, Richard Tate et un flûtiste) performent sur scène le 31 juillet 1970. Dans un article de 2005, le guitariste et chanteur Angelo Finaldi confiait à la journaliste Marie-Christine Blais : C’était un ostie de fiasco. C’était encore des bandits qui essayaient de faire un festival pop mal organisé. C’était la tristesse, l’humiliation, on était sur la dope ben raide. Il n’y avait pas de monde. Quand j’ai vu ça, en arrivant l’après-midi, je ne voulais même pas sortir du char. Notre spectacle ? Je ne me rappelle même pas si on a joué Québécois. Je sais juste qu’on est revenus à Montréal tout de suite après. Ce vendredi soir, les québécois partagent la scène avec les albertains Entreprise et les formations ontariennes Born Free et… Confusion. Un nom prédestiné!

Qui sont ces musiciens? La Révolution Française? (Collection Raymond Naud)

Qui sont ces musiciens? La Révolution Française? (Collection Raymond Naud)

Manseau_fourgon copyFaute d’artistes, on opte pour diffuser des bandes pré-enregistrées sur le site du festival ce qui ne fait qu’accentuer la déception du public présent. Samedi et dimanche, on assiste à quelques jams impromptus lorsque de courageux spectateurs-musiciens ainsi que quelques disciples de Krishna décident de fouler la scène. De tous les artistes américains annoncés plus tôt, seuls Dr John et ses musiciens acceptent de performer. Leur généreux tour de chant d’une durée de 3 heures a lieu dans la nuit de samedi à dimanche à 2h00 devant une foule de quelques centaines d’irréductibles. Au final, les musiciens ne seront jamais payés et porteront officiellement plainte en quittant le pays. Décidément, on est loin de Woodstock!

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Hare Krishna! Crédit: Gilles Roux, photographe.

Manseau_Dodge_psychedelique copyLes Sinners parodient Manseau

L’événement, aussi éphémère fut-il, inspira néanmoins quelques membres du groupe Les Sinners. Profitant du buzz médiatique, un mystérieux 45 tours thématique sera publié peu de temps après ledit fiasco sur la microscopique étiquette Youpi. Depuis 1966, le groupe avait accueilli plusieurs musiciens dans ses rangs, sans jamais vraiment disparaître du circuit. À la fin de 1970, c’est une nouvelle mouture des Sinners qui reprenait progressivement du service, centrée dorénavant autour de Louis Parizeau (batterie), Jean-Guy Arthur Cossette (guitare), Alain Jodoin (guitare, chant) et Denis Valois (flûte).

Le 45 tours Youpi propose Les légumes, une performance d’Arthur Cossette en face A sous le nom Arthur de l’Épouvantable couplée à une chanson composée et chantée par Alain Jodoin au revers, Le fermier psychédélic. Sous le pseudonyme Le Beau-Père d’Arthur, Jodoin met ainsi en chanson la rencontre fortuite d’un agriculteur avec ses nouveaux voisins hippies. Entrent les joints de marinaouana, les p’tits carrés de yashish et les pilules de toutes les couleurs! Bientôt notre fermier-chanteur voit la lumière et décroche pas à peu près avant de nous confier en finale : c’est moé l’fermier d’Manseau. Sortez vot’ bourrage de cariole pis vot’ tabac d’orchestre!

Magella le Beauceron – Les Hippies (ETL; juillet 1971)

Voici un second témoignage musical, moins spécifique cette fois-ci, mais tout de même lié de près au phénomène des festivals rock. Il s’agit d’une composition de Henriette Leblanc pour Magella le Beauceron (Magella Nolet), un chanteur de Saint-Georges de Beauce qui enregistre son premier simple pour les Entreprises Tex Lavallée (ETL) avec en face A son plus grand succès, La chanson des beaucerons. On vous propose sa face B… Les hippies !

Manseau_Hygrade copyLe Festival Pop se terminera comme il avait débuté: dans la confusion la plus totale. Une fois la boucane dissipée cependant, l’amateurisme de ses organisateurs et les allégations de fraudes ne demeurent pas longtemps sans écho. En effet, le gouvernement de Robert Bourrassa demande rapidement l’ouverture d’une enquête (dont les conclusions officielles demeurent toujours confidentielles) pour expliquer les débordements survenus à Manseau. Dans son mémoire, Dominic Houde conclut que de nouvelles exigences gouvernementales limiteront probablement l’émergence de futurs événements underground «similaires» en province.

45 ans plus tard, ni les habitants du petit village et autres férus de rock québécois ne semblent avoir oublié les tristes événements entourant le Festival Pop. Si le fiasco de Manseau devait bientôt faire place à de véritables happenings d’envergure (la Super Franco-Fête de Québec en 1974, la St-Jean-Baptiste de 1975 sur le Mont-Royal, le spectacle 1 x 5 de 1976…), on comprend mieux pourquoi les acteurs de la contre-culture québécoise ont longtemps eu Manseau coincé de travers dans la gorge.

Manseau_tentes copy

Manseau_Raymond_Naud copyAPPEL À TOUS! Pour mieux le documenter, nous sommes maintenant à la recherche de témoignages, photos personnelles ou tout autres documents en lien avec le Festival Pop de Manseau. Vous étiez sur place ou étiez des musiciens qui ont été approché pour y jouer? Vous avez souvenir d’une autre chanson qui dépeignait l’événement ou d’un extraordinaire trip d’acide sur place? Vous avez mangé un caniche sur place? Écrivez-nous! Merci d’ailleurs à Raymond Naud qui nous a fait parvenir quelques polaroïds de son passage au Festival. Lorsque je suis arrivé sur place, le vendredi soir, il faisait noir et j’ai allumé une torche d’urgence (que j’avais dans la valise d’auto) et l’ai planté par terre. Un gars arrive aussitôt, pas mal drogué au LSD. Il s’est mis a piétiner la torche pour l’éteindre: il freakait sur l’éclairage et je l’ai laissé faire de crainte qu’il ne se fâche. J’avais 20 ans en 1970, la belle époque !

30 juillet 1970. Photo Michel Gravel (La Presse).

Sources & lectures complémentaires

Photographies: Michel Gravel (La Presse) & Gilles Roux. Roux publie sur son site personnel une cinquantaine de photos fascinantes, toutes croquées à Manseau.

HOUDE, Dominic, De Woodstock à Maseau: Manifestations musicales et contre-culture aux États-Unis et au Québec (1967-1970). Plusieurs rumeurs/faits cités dans cet article ont été confirmés à la lecture du mémoire de maîtrise d’Houde. Pour une analyse en détails les événements précédant et suivant Manseau, je ne saurais trop vous recommander de parcourir ce pertinent survol historique.

BLAIS, Marie-Christine, Le Bad Trip de Manseau, La Presse, août 2005, pp. 3-5.

DE CARVALHO, Anithe, Art rebelle et contre-culture, M Éditeur, 2015.

ELAWANI, Ralph, Les marges détachables, Poètes de brousse, 2014.

FORTIN, Andrée & WARREN, Jean-Philippe, Pratique et discours de la contreculture au Québec, Septentrion, 2015.

(aplp) Festival Pop de Manseau. Photo Michel Gravel le 2 août 1970. © La Presse. Négatif monochrome 35mm.

Manseau, 2 août 1970. Photo: Michel Gravel (La Presse).

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44 Commentaires

On devait y aller mais l’affaire sentait mauvais dès le début…on a préféré rester camper à saint-François de l’île d’Orléans avec la (grosse) gang de Québec.On passait l’été là dans des grosses tentes home-made pis on faisait des trips d’acid dans les décors et le bateau de la série d’Iberville, capoté bin raide! Quand même, à Manseau, Dr John y était.

J’étais présent et j’ai négocié avec organisateurs.

Vous deviez performer sur scène ou aviez un kiosque sur place??

Ok c’est moi, j’avoue avoir mangé le caniche. Ehe. Sans farce, super article Séb. Super photos également. Merci et continue le bon travail !

Non, mais quelle folie! ; p
Merci Simon! Si tu entends une chanson qui citerait Manseau, penses à moi!

Faudrait pas oublier que d’autres évènements rock ont très bien fonctionné. Par exemple, deux mois plus tôt, le Montreal Rock Concert à l’Autostade, le 24 mai 1970. Une journée extraordinaire avec en têtes d’affiche Cloud, Mountain, Johnny Winter And, Jethro Tull, Van Morrison et pour finir, tard dans la nuit froide, Jefferson Airplane. On était 14,000 pour cette mémorable journée, entourée par les anti-émeutes! https://news.google.com/newspapers?id=enoyAAAAIBAJ&sjid=JrkFAAAAIBAJ&pg=1017,6431356&hl=fr

En effet! Merci Daniel de nous rappeler ces bons coups! Si quelqu’un a des photos de ces événements, ne vous gênez pas pour nous écrire. Voir Jefferson Airplane à Montréal, j’aurais pas dit non…

Oui j’y étais. J’avais 16 ans, je suis arriver le mercredi , reparti le dimanche après midi. J’ai plein de bons souvenirs de cet événement même si la plupart des vedettes annoncées n’était pas là. J’ai rencontré une Allemande qui parlait 5 langues ça m’avait pas mal impressionner . Je demeurais a Plessisville donc c’était tout près . Monter sur le pouce j’ai pogner une ride qui allait justement là . Je suis bien content que vous parliez de cette tranche de ma vie.

Merci Marcel pour ce souvenir!

J’étais bien là !
J’avais 18 ans depuis 1 semaine et m’étais acheté mon billet à la tabagie Nadeau de Plessisville .
Avec mon ami Marcel, nous sommes partis “sur le pouce” pour Manseau. Nous étions pas mal excités de vivre cette merveilleuse aventure : Woodstock à Manseau … Wow !!
Malgré le fait que ce festival Pop fut un flop, j’ai vécu une superbe fin de semaine où j’ai rencontré beaucoup de personnes intéressantes et, dans certains cas, impressionnantes pour le jeune homme que j’étais.
Aussi, l’ambiance, la musique, la foule … toute cette atmosphère de liberté et d’amour ainsi que la menace policière … tout ceci a marqué ma mémoire pour toujours … et je le savais à ce moment !!

Merci richard pour votre témoignage! Alors on pouvait acheter des billets ailleurs que chez Mike’s Submarines (comme l’annonçait l’affiche)..? ; )

holy shit, the Mauroks played this! They put out one of my fav garage/funk 45s ever!

Actually Peter, they never made it. Most US band weren’t there at all, only Dr John played for 3 full hours…. and never got paid. ouch!

Je pourrais vous en déclaré beaucoup sur le sujet. Car sa cé passé sur les terres de mes ailleux Patrick Leblanc. (Festival a l’eau) [ ils y a eu beaucoup de mansonge sur le sujet par les médias ! ]

Crochetiere Jacques

Je suis natif de Manseau, mon oncle a construit la scène et croyait faire fortune avec les concessions alimentaires. L’École occupé par les policiers était le Collège Sacré Cœur. Mon frère travaillait pour la SQ pour la cuisine qui était assurée par l’armée.

Ma mère a fait un scrap book de ce festival. Nos voisins ont quitté le village par peur des hippies.

Je crois que Michel Rivard est venu à Manseau.

Fascinant! Est-ce que votre mère possède toujours son scrapbook? ; )

Le Musée du Rock’n’Roll du québec (auquel je collabore) préprare une exposition sur l’Underground québécois et un tel document pourrait les intéresser.

En furetant sur la toile, je suis tombé sur un site où l’on parle d’un festival de musique pop qui aurait eu lieu à l’autostade le 17 juillet 1968 et mettant en vedette les Who, les Troggs, Mitch Ryder & The Detroit Wheel et the Haunted ! Sans doute la première expérience du genre au Québec.

Bon point. C’est certain qu’il y a bien eut quelques Love-Ins d’envergure, mais des happenings hippies échelonnés sur quelques jours… c’était pas encore le cas avant l’essai de Manseau il me semble.

Je viens de Manseau. De cet évènement est resté la légende du pouceux fantôme de Manseau. Le pauvre hippie fut retrouvé mort d’épuisement dans le bois après s’être perdu, en ayant cherché en vain à se rendre au Festival. Depuis il hante les alentours du village. On peux encore l’apercevoir le long de la 20 près de la sortie du village ou dans les rangs en train de faire du pouce pour se rendre au Festival, disparaissant dès que l’on s’approche trop près…

Merci pour cette truculente légende urbaine. Curieusement, vous avez été plusieurs à m’en faire part!
Je suis passé par Manseau l’an dernier, stoppé pour une patate et… n’ai malheureusement pas ramassé un pouceux fantôme.

I remember that I hitched from Nova Scotia to attend, Dr John and the Night Trippers tossed out coins with their name on it I had it for years but lost it.
The previous year I had friends who said they were going to Woodstock (i was 14 at the time ) I said forget it. I thought they meant Woodstock New Brunswick. Ah the innocence of youth.

That’s dedication!
ahaha And in the end, it’s him who never got paid!

Yep..that was some bizarre weekend!!!! Remember the first group to come on stage after the 20 hour delay??? That was us… Enterprise – an 8 piece group from no kidding – Alberta. I played alto sax. Only a few of us are still around but I’m still playing sax in 2, 17 pce big band dance bands n Calgary. Montreal Gazette full page writeup called us “A Pale Shade of the Blood Sweat and Tears.” Still not suret if that was a compliment or an insult HaHa. but at 21 you’re just glad to be in the same sentence!!! wow – 46 years later and I still remember trying to sleep under the stage while Dr. John did a 3 hr performance.

Thanks for the memories….

Incredible! Thanks for these anecdotes Ken, so glad you enjoyed the piece and took time to reply.

Ouch.. that Gazette headline must have hurt. Were you guys touring around Quebec/Ontario at the time? Do you have any photos from the event or from Entreprise touring Quebec? ; )

Je suis native de manseau ,je connait l événements car cela c est passer sur les terre de mon grand père Paul Turgeon mais je n était pas présente car ma mère n avait que 10 ans

Merci pour votre commentaire et salutations à la famille Turgeon!!

Assez spécial !!!!!J’y étais ,habillé en moine franciscain lolllll avec du vin et du fromage pour faire un pik-nik à 4 hre du matin lolllll.

Délirant!! aha À jeun bien entendu… 😉

J’avais dix ans à l’époque et j’habitais un patelin pas très loin de Manseau. Mes parents s’y rendaient pour faire les foins sur une terre près des événements de Woodstock et lorsque nous passions près du festival, ma mère nous ordonnait de fermer les fenêtres et de barrer les portes.. ah ah ah
J’ai appris pas mal de choses en lisant votre article. Je ne savais pas que ça avait été un flop..

ahaha Il faut bien protéger les enfants!!

Merci!

Je suis Nicole Turgeon, la fille de Paul Turgeon, je me souvient vaguement de l’événement car mes parents avaient louer la maison aux organisateurs de l’événement.
Et nous autres, ils nous ont envoyiez nous promener chez nos oncles et tantes pour que nous ne voyions rien de tout cela. Car je n’avait que 8 ans en 1970.

Et l’histoire du fantôme, je n’ai jamais entendue parler de cela de toute ma vie. Que des canulars.

Une chanson sur Manseau. Il en a effectivement une de fait pour le centenaire de Manseau, je peut vous la faire parvenir si vous la voulez.

Ils y a eu beaucoup de négatif dans ce festival Pop mais cela a quand même fait connaître notre patelin malgré tout.
Bien à vous
Nicole qui a été élevée sur cette terre et demeure toujours dans cette paroisse.

J’étais là, mais j’étais au centre médical je n’étais pas comme patiente et j’ai rencontré mon futur mari qui lui était ambulancier St-jean et on a travaillé ensemble.
J’avais 19 ans je sortais de l’école d’infirmière auxiliaire de Québec.
Nous nous sommes marié 5 ans plus tard. Nous avons eu une belle fille et cette union à durée 40 ans car il est décédé en septembre 2015.
Beaucoup d’année de bonheur.
Seulement pour vous dire que dans toutes les choses négatives il peux sortir du positif.
Nous n,avons jamais consommé de drogues
Hélène B Savoie

L’envers du Flop Festival.. l’amour! Merci pour ce témoignage.

Quel texte et quelle recherche! Du bon nanane pour les mélomanes intrépides qui te suivent.

Merci beaucoup Claude!

Un ami termine en ce moment-même un article de fond sur le Flop Festival. Le trip est sans fin..! aha

Curieux, j’avais entendu dire que Arthur Brown faisait parti des invités. Mais je ne vois pas son nom parmi la liste des artistes.

C’est la première fois que j’en entends parler..! ; )

Mes grands-parents tenaient le restaurant sur le bord de la 20 … Ils devait barrer les portes pour eviter que la place deborde… Et comme la porte voisine du resto etait la maison, disont qu’on ne pouvait meme plus voir la pelouse entre les deux a cause du nombre de hippis assis par terre a s’echanger des petits sachet !!!
Ma mère, agé de 13 ans a l’epoque, a même du quitter la maison et aller chez sa grande soeur a villeroy pour eviter les danger !

Merci pour cette anecdote! ; ) Y’a pas à dire, Manseau était surpeuplé le temps d’un week-end.

Et boy! Si je m’en souviens!!! J’avais 14 ans, on est partis sur le pouce, mon chum Ti-Man Gendron et moi. On a passer le weekend là, même si ça été raté du point de vue musique, on a tripé au maximum… On avait été embarqué sur le pouce par des Américains qui étaient dans un vieil autobus scolaire transformé en campeur, déjà, c’était magique. Nous avons passés une bonne partie du weekend tout nue, à 14 ans, c’était pas gênant. Il y avait un petit ruisseau où tout le monde se baignaient nue. Nous avions une petite tente avec un sleeping bag, on couchait tout habillé dans le fond de la tente avec le seul sleeping pour s’abriller. On a mangé avec les Krishna et je me souviens que c’était excellent. Après l’orage, nous nous sommes retrouvé sous le stage puisque tout notre stock était kapoutte. Nous sommes repartis le dimanche après un bad tripe d’acide pas bin bin le fun… Je reviverais cet événement n’importe quand. (Sans le bad trip, évidemment) Un de mes plus beau souvenir d’ado.

Merci pour ce témoignage Roger. Manseau n’a visiblement laissé personne indifférent! Combien de premiers trips d’acide ont été vécu ce week-end de 1970. ; )

J’ai eu mes 16 ans le 1 août le soir du spectacle de Dr. John. J’ai pris de l’acide pour la première fois et je me souviens de quelques bribes. J’arrivais de Joliette sur le pouce avec mon ami André. On fait partis de ceux qui avaient acheté un billet à un scalper sur le chemin avant de s’apercevoir que personne payait pour entrer. Pour un jeune de mon âge qui avait rater Woodstock c’était impressionnant, flop ou pas et je ne regrette pas d’y avoir été.

Fantastique témoignage, merci!

Bon témoignage! Ça me fait voir l’envers du décor. J’avais 25 ans à l’époque et je ne comprends pas pourquoi je me suis retrouvée là. J’enseignais et je ne m’intéressais aucunement à la drogue et au genre de musique que les jeunes aimaient à cette époque-là. Ma copine et moi avions une voisine un peu Olé! qui nous a demandé de l’amener là. Elle disait que nous aurions bien du fun! He he! Nous sommes donc parties toutes les 3 de Montréal avec ma petite tente neuve pour la fin de semaine. Je ne me souviens aucunement d’avoir acheté des billets pour cet événement, peut-être que oui, peut-être que non, me semble plutôt que c’était gratuit. La chère voisine avait apporté quelques joints et je crois qu’elle a elle-même acheté un petit carré de hasch sur le site (je ne me souviens plus…). J’ai fait l’expérience de mon premier et dernier joint durant la nuit du vendredi au samedi. J’ai bien ri! eu quelques hallucinations, je voyais une ville au loin, avec plein de buildings et de lumières. C’était magique! Le lendemain nous nous sommes promenées sur le site et avons assisté à un spectacle sur la scène durant une heure ou deux. Je ne me souviens pas des artistes, de toute façon je ne connaissais pas grand chose à tous ces groupes de musique. Je me souviens d’avoir observé le va-et-vient autour d’une petite infirmerie installée sur place, plusieurs personnes allongées là suite à des bad trips. Nous sommes allées faire un tour du côté du ruisseau et tout le monde ou presque était nu. Ça faisait drôle. Des familles au complet, certaines avec des enfants, tout nus, tout simplement, se rafraichissant dans le ruisseau. Faut dire que l’eau ne coulait pas à flot sur le site! Il fallait aller la chercher aux quelques pompes installées et il y avait des files d’attente. Notre chère voisine s’en servait pour se laver quasiment au complet et procéder à son maquillage (franchement!) et nous devions aller lui en chercher d’autre, elle se faisait servir. Nous avions apporté de la nourriture dans une glacière mais nous avons également acheté quelques trucs aux kiosques, des sandwiches, des muffins. Là aussi il y avait des files d’attente. Je n’ai jamais aimé les foules, je les fuis habituellement alors inutile de dire que j’ai été très perturbée cette fin de semaine là! Le dimanche, notre voisine nous a bousculées, elle voulait revenir à Montréal vers son mari et ses enfants au P.C.! Nous avons donc décampé rapidement, je crois aussi qu’il commençait à pleuvoir. Notre voisine était en charge de placer les sacs dans la partie arrière de l’auto et elle a mal refermé le hayon. Quelques milles plus loin, le hayon s’est ouvert à pleine grandeur et nous avons dû arrêter pour aller le refermer. Nous n’avons pas remarqué que le sac contenant les poteaux de la tente n’était plus là, probablement tombé hors de la valise au début après notre départ, dans le petit chemin cahoteux. Je suis donc revenue à Montréal avec ma belle tente neuve mais plus de poteaux. Ha ha ha! Je suis contente d’avoir lu votre texte mais il m’est difficile de garder de Manseau un souvenir autre que celui d’une fin de semaine perturbante où je suis sortie de ma route pour expérimenter quelque chose qui ne m’a finalement pas apporté beaucoup.

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