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Si un collectionneur ose vous confier un jour qu’il a fait le tour de la scène musicale québécoise, qu’il a tout entendu et atteint le fond du baril depuis longtemps, stimulez sa soif de découvertes en abordant l’univers singulier des pressages privés. Évoluant en parallèle aux tendances populaires, bon nombre de « productions maison » d’ici offrent des compositions hors-norme, aventureuses voire avant-gardistes. Nous avons déjà abordé ce genre de publications sur ce blogue, qu’il s’agisse de projets folk comme Un de plus du chansonnier Marc Lebel ou de témoignages scolaires comme sur l’album de finissants Nous du Collège Saint-Viateur. En voici un nouvel exemple qui se moque des étiquettes et qui devrait piquer votre curiosité.
 

Quels musiciens peuplaient La Fanfare KC? À quelle époque remonte la publication de cet étrange simple? Le 45 tours est avare de détails biographiques et pour le moment, nous l’ignorons : on ne peut que spéculer à son sujet. Les deux faces sont créditées à un certain Allard Alone, fort probablement un pseudonyme. Sur ce détail, on semble ne pas trop se prendre au sérieux et… c’est souvent un gage d’authenticité. On se pose aussi la question : à qui ou quoi réfère ce « KC »? Devait-on prononcer « La Fanfare Cassée » ou bien « Kay-See »… En attendant de retracer un des membres originaux du groupe, je vous laisse décider.

fanfarekcB2La légende offre une curieuse pop dynamique aux accents légèrement mystiques. La voix noyée dans l’écho appuyée par de ludiques choeurs masculins, le chanteur raconte l’histoire d’amour compliquée d’un troubadour sur fond de cordes synthétisées. Le son du String Synth semble déjà nous indiquer que ce titre pourrait avoir été enregistré entre le milieu des années 70 et le début des années 80. Un solo juste assez discret complète le tout. Accrocheur!

D’où pouvait bien provenir ce groupe? La face B, l’ésotérique Woburn, pourrait nous offrir un premier indice. Le titre semble en effet référer au minuscule village québécois du même nom: Saint-Augustin-de-Woburn ou simplement Woburn pour les initiés. Les paroles sont toutefois dans un autre registre et n’offrent pas un portrait du pittoresque village pour autant. On poursuit sur la même lancée qu’au recto, tout en offrant un ton plus… pastoral, glorifié d’une ligne mélodique au synthétiseur. On ne parle pas de bondieuseries -bien au contraire!- mais le rendu offre ce petit quelque chose de plus solennel que sur la face A. Alors que le groupe conlut sur des na-na-nas aussi approximatif qu’investis, on peut l’imaginer interprétant ce titre sur une chaîne locale de télévision communautaire un dimanche matin…

Avec toi comme amie, 
Je creuserais un étang bien plus grand que l’océan
Qu’on ne peut voir parce qu’il est loin.
Des montagnes de proverbes (?).

L’ensemble est plutôt inusité et ne manquera pas de vous faire sourciller! Une démarche authentique (…) une poésie ésotérique, pour citer le collègue Marc Bolduc (du blogue Tradotronik). Avant de vous le proposer, il n’y avait aucune référence à ce 45 tours sur le Web. Espérons que, maintenant, les musiciens responsables de ce petit bijou se manifesteront! Si vous avez quelque information que ce soit à propos du groupe ou de cet enregistrement, contactez-nous. Entre temps, bonne écoute! Je tiens à remercier Nicolas Lê Quang (membre du groupe Rakam) pour cette découverte!

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6 Commentaires

Retranscription de mes commentaires sur l’ancien site:

J’ai connu Michel Allard (Allard Alone) dans les années 70 alors que nous fréquentions tous deux La Galoche rue Saint-Denis à Montréal. La Fanfare KC (prononcé cassée) était composée de trois musiciens, Michel è la guitare, un bassiste et un batteur. Le bassiste était cuisinier à un café appelé Le Vieux du Vieux, il s’appelait Richard, je crois. Une de nos connaissances communes est Alain Labelle, alors la voix de TVA. La page Facebook d’Alain est: https://www.facebook.com/alain.labelle

En passant, la ligne qui termine les couplets de Woburn n’est pas “Des montagnes de proverbes” mais bien “Des montagnes de Woburn”, ce qui justifie le titre. Cette chanson a effectivement été jouée de temps en temps sur les ondes du poste local de Woburn. Je n’ai pas souvenir que Michel aie fait un album

Une dernière précision: “La légende” fait référence à la fée Mélusine dont il mentionne le nom brièvement dans le troisième couplet

Merci BEAUCOUP Gilbert pour toutes ces informations! Depuis que vous avez précisé les paroles de la face B, j’ai envie de visiter les montagnes de Woburn! ehe

Je vais tenter de rejoindre les noms que vous précisez. L’enquête se poursuit… Si jamais vous retrouviez une photo d’époque de Michel, ne vous gênez pas pour la partager avec nous.

Au plaisir!

Richard Landry, le bassiste

Si jamais ça peut vous aider à les retracer, j’ai mis la main sur l’autre 45 tours de La Fanfare KC “Rock’n’Roll dans Mon Lit” / “Un Reggae” – MA-442 et il est dans une pochette où j’ai le numéro de téléphone des Productions Micromégas et leur adresse à Montréal. Mais je n’ai pas vérifié si par miracle il s’y trouvait quelqu’un qui pourrait apporter plus de précisions sur La Fanface KC !

Bonne nouvelle, on aimerait bien entendre ce second 45 tours!
Tu peux nous transmettre leurs coordonnés svp? 😉

Merci!

Malheureusement je n’ai aucune information à apporter en ce qui concerne la Fanfare KC.

Mais j’ai bien connu Gilbert Gélinas et sa soeur Anne-Marie, tous deux enfants de Marc Gélinas. J’ai également connu Michel Allard et Alain Labelle, de même que bien d’autres personnes tout aussi attachantes de la rue Saint-Denis, qui fréquentaient La Galoche ou encore Le vieux du vieux, cafés dans lesquels j’ai moi-même oeuvré en tant qu’alchimiste de l’esprit.

Je me rappelle de toutes ces personnes, presque 45 ans après les avoir fréquentées, je les conserve toutes dans mon âme et leur souhaite toutes d’emprunter le “devayana” lorsque leur dernière heure sera venue.

Spoutnik de La Galoche.

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